Quand les taxes reviennent à l’assaut
Par Nathalie Négro, membre du Think Tank ObésitéS, diététicienne responsable du centre nutritionnel des Thermes de Brides-les-Bains.
En réaction à l’article « L’obésité coûte cher » de Jean-Michel Lecerf
Le rapport sur la politique de prévention nutritionnelle prévoit un système de taxes et de subventions comme moyen d’incitation à l’achat, notamment de fruits et légumes. Cela peut peut-être avoir un impact positif à court terme. Mais, à aucun moment le problème de l’éveil au goût des enfants par les parents n’est évoqué. Cette question n’est abordée que par le biais des ateliers périscolaires. Cela pose au moins deux problèmes.
Tout d’abord, la réforme des rythmes scolaires n’est obligatoire que pour les établissements publics : il est laissé à l’initiative des établissements privés de la mettre en place ou non. 20% des élèves ne seront donc potentiellement pas touchés par cette proposition.
Ensuite, je pense qu’il est du ressort des familles, et non de l’école, d’éveiller les enfants aux différentes saveurs. Cependant, dès la sortie de la maternité, les jeunes parents sont confrontés à une cacophonie concernant la façon de nourrir leur enfant. Lorsque, vers 2 ou 3 ans, celui-ci refusera les légumes ou autres mets préparés avec tendresse, ils se retrouveront désemparés. Certains, las de se battre, adopteront la solution de facilité. A la place des légumes ou des fruits honnis, ils présenteront à l’enfant ce qu’il mange volontiers, biscuits, laitages aromatisés… et peu importe les taxes. Développer la présence de diététiciens dans les services de protection maternelle infantile (PMI) et les maternités toucherait toutes les populations et pourrait améliorer cet état de fait.









