Contre les obèses
Par Jean-Michel Lecerf, membre du Think Tank ObésitéS, chef du service nutrition de l’Institut Pasteur de Lille et spécialiste en Endocrinologie et maladies métaboliques.
David Cameron envisage de réduire les allocations des obèses qui refuseraient de perdre du poids, de 100 euros par semaine.
Il est dommage que David Cameron ne soit pas obèse. Cela ne réduirait pas beaucoup ses revenus mais cela l’éclairerait, car vraisemblablement il ne l’est pas par ses conseillers. On l’excuse cependant car il n’est pas obèse, car il est mal conseillé, et enfin parce que c’est une mesure populiste et donc électoraliste. Les foules adorent qu’on désigne des coupables et qu’on les montre du doigt : cela leur donne bonne conscience et cela les laisse dans l’ignorance. Mieux vaut en effet ne pas voir et ne pas savoir. Chacun peut ainsi rester dans son confort. Le problème ce sont les autres : rectifions-les. L’enfer ce sont les autres, et on sait qu’il est pavé de bonnes intentions.
Les complications post-opératoires plus fréquentes chez les personnes obèses
Par Patrick Bergevin, membre du Think Tank ObésitéS, chirurgien digestif.
En réponse à l’article « le paradoxe de l’obésité » de Bernard Waysfeld
L’étude rapportée par Bernard Waysfeld sur le moindre risque cardiovasculaire des personnes en surpoids comparativement à celles de poids dit normal est très surprenante car elle va à l’encontre des précédentes. Il n’est pas précisé cependant le risque dans la catégorie obésité morbide, au delà d’un IMC de 40. En tant que chirurgien, je peux difficilement partager l’opinion que l’obésité met à l’abri des risques.
Démédicaliser le surpoids
Par Arnaud Cocaul, membre du Think Tank ObésitéS, médecin nutritionniste.
En réponse à l’article « le paradoxe de l’obésité » de Bernard Waysfeld
Il y a déjà quelques années, Katerine Flegal et son équipe établissait dans une méta-analyse que le groupe surpoids avait 12% de mortalité toutes causes confondues en moins que le groupe dit « poids normal »*.
Rappelons également que les normes d’indice de masse corporelle actuellement utilisées ont été modifiées depuis 1998 (la norme d’IMC normale s’établissait antérieurement entre 20 et 27) ce qui englobait dans la norme « normale » des individus en surpoids et excluaient des individus trop minces. Pourquoi ce changement de paradigme ? Peut être la pression des industries pharmaceutiques a-t-elle été efficace ?
L’équilibre de l’alimentation a vocation à protéger la santé
Par Nathalie Négro, membre du Think Tank ObésitéS, diététicienne responsable du Centre Nutritionnel des Thermes de Brides-les-Bains.
En réponse à l’article « les paradoxes de l’obésité » de Bernard Waysfeld
Les résultats de l’étude citée par Bernard Waysfeld sont effectivement intéressants.
L’une des explications de ces résultats ne serait-elle pas l’attention particulière accordée par les personnes obèses à la qualité de leur alimentation ? Il y a en effet souvent confusion entre équilibre alimentaire, destiné à préserver autant que possible la santé, et gestion du poids. Ainsi, certaines personnes maigres ou minces se croient à l’abri des maladies (cardiovasculaires notamment) parce qu’elles n’ont pas de problème pondéral. De fait, elles mangent de façon anarchique.
Le paradoxe de l’obésité
Par Bernard Waysfeld, membre du Think Tank ObésitéS, médecin nutritionniste et psychiatre.
Une littérature de plus en plus abondante s’intéresse au « paradoxe de l’obésité ».
Alors que de nombreuses publications alarment nos concitoyens sur l’inflation irréversible et catastrophique de l’obésité pour 2030 (par exemple 30% de sujets obèses en France en 2030) des études sérieuses montrent que le risque lié à la surcharge adipeuse et pondérale ne correspond pas à celui annoncé.
Tout récemment, un travail considérable coordonné par un français, Boris Hansel (European Heart Journal du 4 août 2015), apporte de sérieux arguments au fait que, loin d’aggraver le risque cardio-vasculaire, l’obésité constituerait même un facteur protecteur !
Je mange donc je suis, je bois et je ne suis plus
Par Arnaud Cocaul, membre du Think Tank ObésitéS, médecin nutritionniste.
Le magazine Que choisir paru cet été (n°538 de juillet-août 2015) alerte fort justement sur l’américanisation à outrance de notre alimentation française en pointant les boissons sucrées.
De 1960 à 2000, la consommation des boissons sucrées a été multipliée par 6 selon l’INSEE. Le vocable boissons sucrées couvre aussi bien les sodas, les sirops, les jus de fruits, les boissons plates aux fruits, les smoothies, les nectars, les eaux aromatisées et les colas.
Le sport sur ordonnance
Par Arnaud Cocaul, membre du Think Tank ObésitéS, médecin nutritionniste.
Le sport sur ordonnance est une initiative strasbourgeoise mise en place depuis 2012 impliquant tous les acteurs locaux de santé.
Le médecin traitant prescrit une ordonnance spécifique préconisant une activité physique et sportive modérée et régulière. Puis le patient prend contact avec une équipe d’éducateurs sportifs de Sport Santé. Un éducateur coordonnateur de la ville reçoit le patient pour mise en place du protocole d’activités physiques. Le patient est revu à 1 mois, 6 mois et 12 mois avec information au médecin prescripteur. Le sport est effectué soit en régie municipale soit via des associations labellisées. Le programme dure 3 ans ce qui permet de changer durablement le mode de vie. La première année est gratuite. Les suivantes sont tarifées selon les revenus déclarés, de 20 à 100 € par an. Ce programme essaime en France : Biarritz, Rennes, Château-Thierry, Chambéry.


