Le poids de la télévision
Par Arnaud Cocaul, membre du Think Tank ObésitéS, médecin nutritionniste.
L’institut Médiamétrie a établi que les français passent en moyenne 3h45 par jour devant la télévision en 2014. Voilà qui nous glorifie d’un record européen peu flatteur !
La plupart de mes patients répondent à la question concernant le temps accordé aux repas, à l’activité physique et au sommeil : « je n’ai pas le temps ». Il y a quelque temps sur France Inter, une psychologue déclarait que la phrase adulte la plus entendue chez les enfants en bas âge était « je n’ai pas le temps ». Comme si le temps nous appartenait.
Maintenir son équilibre pondéral
Par Arnaud Cocaul, membre du Think Tank ObésitéS, médecin nutritionniste.
Combien de repas doit-on faire afin de maintenir au mieux son équilibre pondéral ? Sur les forums, les patients évoquent souvent la possibilité de fractionner leurs repas. Autrement dit, ils augmentent le nombre de prises alimentaires journalières sans modifier la quantité totale d’énergie ingérée. Cela n’aurait donc pas d’impact négatif sur le poids.
Certaines études comme SAFRAN (réalisée par le centre de recherche de l’institut Paul Bocuse à Lyon) ont évalué les effets du fractionnement alimentaire sur l’appétit. On a fait consommer un petit-déjeuner en une prise ou de façon fractionnée en 4 prises, étalées sur la matinée. L’analyse porte sur l’appétit subjectif des mangeurs tout au long de la matinée ainsi que le comportement au repas suivant.
Activité physique et prise alimentaire
Par Nathalie Négro, membre du Think Tank ObésitéS, diététicienne, responsable du Centre Nutritionnel des Thermes de Brides-les-Bains.
Une étude menée par David Thivel, Maître de conférences au laboratoire des Adaptations Métaboliques à l’Exercice de Clermont-Ferrand met en évidence chez les adolescents obèses le rôle d’une activité physique de forte intensité (75% de leurs capacités maximales) dans la réduction de la prise alimentaire aux repas suivants. Elle a été publiée dans Physiology et Behavior en 2011.
Cet effet n’est pas retrouvé avec une activité de faible intensité, ni chez les adolescents minces (étude publiée par la même équipe en 2013).
Il s’agit de l’étude pour laquelle David Thivel avait été primé par les Thermes de Brides-les-Bains dans le cadre de ses prix de projet de recherche. Poursuivre ces études pour évaluer l’effet d’une activité physique chronique sur la prise alimentaire est essentielle.
Donnons du temps au temps !
Par Arnaud Cocaul, membre du Think Tank ObésitéS, médecin nutritionniste.
La plupart des personnes consultant en nutrition sont demandeuses de perdre rapidement du poids. C’est pour cela d’ailleurs qu’ils énumèrent divers régimes en spécifiant qu’ils ont marché « puisque j’ai perdu du poids mais que par ma faute j’ai tout repris car je n’ai pas poursuivi » (jusqu’à la mort).
Dès lors que l’on prend le temps d’installer un vrai espace d’échanges, on arrive à se parler et donc à faire en sorte que le quémandeur renonce à cette demande de perte rapide mais commence à envisager d’autres moyens de perdre du poids que de raisonner en interdits et en restriction. Il est essentiel d’instaurer un dialogue car la plupart du temps le raisonnement qui s’élabore et qu’il faut arrêter de se faire du mal par des régimes restrictifs, que ces régimes restrictifs nous abîment et altèrent durablement notre faculté de choix, de volume, de rassasiement et de satiété.
Code de bonne conduite et industriels de l’alimentaire
Par Catherine Grangeard, membre du Think Tank ObésitéS, psychanalyste spécialiste des questions d’obésité.
Face au lobbying des industriels de l’alimentaire, certains réseaux de scientifiques, d’experts, de professionnels de santé et des associations de consommateurs et de patients ont décidé de se mobiliser pour se faire également entendre. A la mi-mai, ils ont lancé une pétition commune pour « peser sur la décision politique qui ne peut être dictée par la seule défense d’intérêts économiques ».
Que le code couleur puisse guider plus facilement les consommateurs, cela dérangerait-il les industriels ? C’est ce que pensent ceux qui sont à l’origine de cette action. Il s’agit de guider le consommateur lors de ses achats. En comparant la qualité nutritionnelle des aliments de marques différentes, les populations les plus en difficulté auraient ainsi à disposition des repères simples à comprendre.
Spécial journée de l’obésité : faut-il manger les fruits en dehors des repas ?
A l’occasion de la journée européenne de l’obésité (vendredi 23 mai), les professionnels du Think Tank ObésitéS apportent leurs réponses aux questions les plus souvent posées par leurs patients. Éclairage avec Nathalie Négro, membre du Think Tank ObésitéS, diététicienne, responsable du Centre Nutritionnel des Thermes de Brides-les-Bains.
Faut-il absolument manger les fruits en dehors des repas ?
Les fruits (de 2 à 4 par jour) peuvent être consommés à n’importe quel moment de la journée, que ce soit en fin de repas, au début ou en collation. Une attention particulière doit être portée aux diabétiques, qui, afin de ralentir l’absorption intestinale du fructose, doivent les prendre accompagnés d’un aliment à faible index glycémique, un yaourt par exemple.
Il arrive que certaines personnes éprouvent des difficultés digestives avec les fruits en fin de repas. Cela est rare et ne doit pas faire l’objet d’une généralisation.
Manger des fruits en dehors des repas ou avant les repas, fait partie des mythes et des diktats faux et inutiles. On nous abreuve en permanence d’injonctions ou d’idées reçues qui veulent généraliser des préférences individuelles. De même on nous répète qu’il ne faut pas boire à table, qu’il faut manger moins le soir, qu’il faut bouger à jeun. Laissez-nous manger en paix. Pourquoi toujours proférer des messages sans intérêt alors que l’important est ailleurs. Ce qui compte c’est de manger des fruits, des fruits variés, de ne pas manger que des fruits, de manger de tout avec modération, de ne pas être sédentaire.

