Je mange donc je suis, je bois et je ne suis plus
Par Arnaud Cocaul, membre du Think Tank ObésitéS, médecin nutritionniste.
Le magazine Que choisir paru cet été (n°538 de juillet-août 2015) alerte fort justement sur l’américanisation à outrance de notre alimentation française en pointant les boissons sucrées.
De 1960 à 2000, la consommation des boissons sucrées a été multipliée par 6 selon l’INSEE. Le vocable boissons sucrées couvre aussi bien les sodas, les sirops, les jus de fruits, les boissons plates aux fruits, les smoothies, les nectars, les eaux aromatisées et les colas.
Montre-moi ton placard, je te dirai ton poids
Par Arnaud Cocaul, membre du Think Tank ObésitéS, médecin nutritionniste.
Le contenu des réfrigérateurs, congélateurs et placards de cuisine peut être très évocateur du profil pondéral. Ainsi on note que plus l’indice de masse corporelle est élevé (IMC =P/T²), moins il y a présence de glaces, charcuteries, céréales, pâtisseries, plats cuisinés, pâtes à tartiner, sauces dans les frigidaires et placards. 78% des consommateurs obèses n’ont pas de pâtisseries et 67% n’ont pas de plats cuisinés en réserve. Mais ils achètent des produits gras et sucrés comme les viennoiseries ou les yaourts aux fruits.
Les bisounours en guerre contre l’industrie agro-alimentaire
Par Arnaud Cocaul, membre du Think Tank ObésitéS, médecin nutritionniste.
En réaction à l’étude publiée dans le British Journal of Sports Medicine (22 avril)
3 chercheurs britanniques (éditorial paru dans le British Journal of Sports Medicine) détruisent le mythe de l’exercice physique comme seule solution à l’obésité et préfèrent se focaliser sur les pratiques de l’industrie agro-alimentaire les assimilant à celles de l’industrie tabagique. Je dirai qu’il s’agit d’une non-nouveauté et que depuis longtemps les spécialistes du poids préviennent leurs patients sur l’absence de perte de poids lors de l’activité physique. Faire croire à un patient qu’il peut maigrir en faisant 2 fois par semaine du sport de loisirs relève de la fumisterie et du non-sens médical.
Cinéma et popcorn
Par Jean-Michel Lecerf, membre du Think Tank ObésitéS, chef du service nutrition de l’Institut Pasteur de Lille, spécialiste en endocrinologie et maladies métaboliques.
En réaction à l’article « L’obésité infantile continue de croître » d’Arnaud Cocaul
Le post-scriptum d’Arnaud Cocaul a réveillé en moi un souvenir inquiétant. J’ai vu des personnes rentrer au cinéma avec un seau, de la taille d’une poubelle, rempli de popcorns. Je n’ai rien entendu du film. Après la séance, j’ai vu une armée de femmes de ménage s’efforcer de nettoyer les tapis et les fauteuils d’une rangée transformée en dépotoir. Elles étaient toutes fortes voire « grosses ». Quand elles étaient jeunes, elles venaient au cinéma et achetaient des seaux de popcorn. Elles ont grossi. Maintenant, elles ne peuvent plus maigrir, il est trop tard. Elles nettoient. De toute façon, elles ne gagnent pas assez pour acheter une nourriture saine. Le soir, elles sont tellement fatiguées qu’elles s’affalent dans leur canapé et sirotent un soda avec des chips. Au début, elles se culpabilisaient mais maintenant elles préfèrent oublier.
Fontaine, je ne boirai pas de ton eau
Par Arnaud Cocaul, membre du Think Tank ObésitéS, médecin nutritionniste.
Enfin une mesure de santé publique de bon sens prise cette nuit par l’Assemblée Nationale ! L’amendement du député Arnaud Richard prône que « la mise à disposition en libre-service, payant ou non, de fontaines proposant des boissons avec ajouts de sucres ou d’édulcorants de synthèse » soit « interdite en tous lieux ouverts au public ou recevant du public ». Il me paraît évident que ce principe de « refill » donc de libre réapprovisionnement de boissons sucrées était une aberration dans notre pays qui avait mis en place le Programme National Nutrition Santé.
La mafia de la grande bouffe…
Par Catherine Grangeard, membre du Think Tank ObésitéS, psychanalyste spécialiste des questions d’obésité
La revue de presse hebdo nous propulse plus dans les rubriques « mafias-blues » que dans celles du Care ! « Les industriels américains du sucre en accusation. Des documents dévoilent les méthodes utilisées pour entraver le programme national de santé dentaire » (Le Monde, 12 mars 2015, p8).
On résume ? Dès les années 1950, les effets délétères du sucre sur la santé buccale sont connus mais, pour éviter toute réduction de la consommation, des efforts sont largement déployés par les industriels. Mêmes méthodes que dans l’industrie du tabac : financer des experts pour intervenir dans le débat, aux plus hauts niveaux… Objectif ? Orienter les politiques de santé dans des directions intéressantes pour les financeurs.
Leclerc et le pays des bisounours gélifiés
Par Arnaud Cocaul, membre du Think Tank ObésitéS, médecin nutritionniste.
Lundi 17 novembre, un moment de flottement sur France Inter pendant la Matinale de Patrick Cohen.
L’invité Michel-Edouard Leclerc le médiatique patron de l’enseigne de distribution éponyme. Un auditeur l’interpelle sur la persistance des présentoirs de bonbons et autres friandises aux caisses alors que Michel-Edouard Leclerc s’était engagé à les faire disparaître dans le cadre de la lutte contre l’obésité.
Et là, l’invité dénonce cette vieille antienne de 2005, les choses ayant changées depuis et les bonbons incriminés ne posent plus de problème car ils ne contiennent plus de sucres ! Mais que de l’aspartam. Fou rire assuré dans le studio de France Inter et Michel-Edouard Leclerc de s’empêtrer dans des explications oiseuses.


