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Sexualité, en parler simplement et naturellement

Par Jean-Michel Lecerf, membre du Think Tank ObésitéS, chef du service nutrition de l’institut Pasteur de Lille, spécialiste en Endocrinologie et maladies métaboliques.

coeur plageLa sexualité est un sujet méritant beaucoup de délicatesse et de tact. En consultation les patients avec lesquels une relation de confiance a été établie en parlent, et ils sont heureux d’être écoutés. Le drame est de chosifier la relation sexuelle comme une technique ou une « fonction plaisir » isolée de son sens. En parler simplement et naturellement apaise déjà beaucoup et dédramatise des difficultés qui sont souvent psychologiques ou traduisent un problème de couple.

La personne obèse est, avant tout, une personne comme les autres. Mais, elle est culpabilisée par son gros corps, habitée par une mésestime de soi. Elle pense qu’elle ne peut avoir droit à une sexualité normale. Les femmes sont « cruelles » envers elles-mêmes ; les hommes finissent par croire qu’ils ne peuvent plus avoir de vie sexuelle. Dans les deux cas, il faut leur redonner confiance en eux.

Mais il ne faut pas oublier que l’image de la sexualité a pu être définitivement dégradée chez des femmes dont l’obésité a commencé après un viol ou un inceste, un avortement ou un acharnement procréatique. Soulever le voile peut être un début de libération mais, souvent, les dégâts sont définitifs. Quant au terrorisme anti gros, il s’exprime parfois dans les couples quand le mari fait pression sur sa femme pour qu’elle maigrisse sous peine de ne plus être désirable. Dans ce cas, occupons-nous aussi des conjoints pour aider nos patients !

Le désarroi des femmes

Par Nathalie Négro, membre du Think Tank ObésitéS, diététicienne, responsable du Centre Nutritionnel des Thermes de Brides-les-Bains

iloveyouVaste sujet en effet.
En consultation, il m’arrive de me retrouver face au désarroi de femmes que leur mari ne touche plus depuis parfois des années, parce qu’elles ont grossi.

Au lieu de les motiver à maigrir, cela les décourage, les remplit de chagrin, les dévalorise. Non seulement elles ne plaisent plus physiquement à l’être qu’elles chérissent, mais en plus, elles ne se plaisent plus. Pour peu qu’elles utilisent la nourriture pour gérer leurs émotions, cela ne les aide évidemment pas à améliorer leur relation à l’alimentation.

Dans d’autres cas, leurs maris exercent sur elles une grande pression pour qu’elles maigrissent : il leur semble qu’elles n’en font jamais assez ; là encore, au lieu de les encourager, ce comportement ruine leurs efforts.

Lorsque ce sont les hommes qui me font part de leurs difficultés sexuelles, ils abordent plus fréquemment des aspects physiques et pratiques : manque d’endurance, gêne par la proéminence de leur ventre…

Dans un cas comme dans l’autre, je me retrouve, comme beaucoup de diététiciens j’imagine, totalement démunie face à cette détresse. Rien, ni dans notre formation initiale, ni dans les formations continues proposées, ne prépare à répondre à cela.

La sexualité, genèse de l’obésité ?

Par Patrick Bergevin, membre du Think Tank ObésitéS, chirurgien digestif

Abstract Love TreeQuand on y réfléchit, la sexualité est souvent pour beaucoup dans la genèse de l’obésité.

En France, où la pression de la société s’exerce surtout sur les femmes, dans le sens d’un idéal de minceur, on voit fréquemment des adolescentes se lancer dans des régimes draconiens, sous prétexte qu’elles se sentent, ou qu’on leur fait croire, qu’elles sont un peu « enrobées ».

La métamorphose sexuelle de cet âge est source d’instabilité et d’hypersensibilité au regard des autres. Et c’est le départ de toute une existence pourrie par les régimes yoyos successifs qui induisent un dérèglement des habitudes alimentaires et des sensations de satiété. Cela génère une prise de poids progressive au fil des années, aboutissant à une véritable obésité. Bref, tout le contraire du résultat escompté !

C’est le profil le plus courant des personnes qui viennent consulter pour chirurgie bariatrique. Quatre fois sur cinq, il s’agit de femmes.

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Plaire ou se plaire ?

Par Bernard Waysfeld, membre du Think Tank ObésitéS, médecin nutritionniste et psychiatre.

Flower_heartVaste domaine… et il n’y a pas que les gros qui rencontrent des difficultés ! D’ailleurs, depuis Internet et l’explosion des sites de rencontres, beaucoup de corpulents trouvent chaussure à leur pied…

Pourtant, la stigmatisation discrédite celui qui est affublé d’une surcharge. C’est sans doute là que réside la demande d’une majorité de jeunes femmes. Etre comme tout le monde disent-elles, rentrer dans un pantalon, dans un 38, et surtout plaire et plus encore, se plaire. Mais à qui doit-on plaire ? Aux hommes ? A soi-même ? Aux femmes ?

De fait, en dehors des extrêmes (et encore !), les hommes apprécient les rondeurs des femmes. Ce sont les femmes entre elles qui se comparent, rivalisent, s’évaluent. Comme s’il s’agissait finalement de combler les exigences d’une mère insatisfaite, une mère intériorisée, une mère qui, dans les années soixante et soixante-dix, a connu l’exigence de minceur, le féminisme, le combat pour la parité et qui porte encore le pantalon !

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