Le sommeil n’est pas du temps perdu
Par Arnaud Cocaul, membre du Think Tank ObésitéS, médecin nutritionniste.
Le 27 mars 2015 était la journée du sommeil. On a tendance à faire des journées pour tout y compris pour la bonté (peut-être pour se rappeler que notre monde en manque cruellement ?).
Mais cette journée de sensibilisation sur le sommeil permet de faire le focus sur une réalité : nous dormons moins et moins bien que nos ancêtres et cela peut interférer avec notre poids. En effet, le manque de sommeil fait grossir en perturbant l’hormone de satiété (la grheline).
Fontaine, je ne boirai pas de ton eau
Par Arnaud Cocaul, membre du Think Tank ObésitéS, médecin nutritionniste.
Enfin une mesure de santé publique de bon sens prise cette nuit par l’Assemblée Nationale ! L’amendement du député Arnaud Richard prône que « la mise à disposition en libre-service, payant ou non, de fontaines proposant des boissons avec ajouts de sucres ou d’édulcorants de synthèse » soit « interdite en tous lieux ouverts au public ou recevant du public ». Il me paraît évident que ce principe de « refill » donc de libre réapprovisionnement de boissons sucrées était une aberration dans notre pays qui avait mis en place le Programme National Nutrition Santé.
Délit de poids
Par Catherine Grangeard, membre du Think Tank ObésitéS, psychanalyste spécialiste des questions d’obésité.
Depuis des années, les députés souhaitent légiférer pour nous protéger des incitations à la maigreur excessive et des troubles du comportement alimentaire qui vont avec. On dénombre environ 40 000 personnes anorexiques en France dont 90 % sont des femmes. Tout ce qui encourage la recherche excessive de maigreur a des effets sur les personnes plus fragiles.
Les tentatives pour légiférer se sont heurtées à de nombreux obstacles (souvent nommés « Lobby »)… La proposition de loi Boyer votée par l’Assemblée Nationale (AN) n’a pas été validée par le Sénat, depuis 2008. Cette nuit, 1er au 2 avril 2015, cette même AN a voté un « délit d’incitation à l’anorexie ». Faut-il s’en réjouir ?
Lanceurs d’alerte et obésités
Par Catherine Grangeard, membre du Think Tank ObésitéS, psychanalyste spécialiste des questions d’obésité.
Différents grands noms dans le domaine de l’obésité ont des pratiques qui relèvent plus du monde de la finance que du champ d’Hippocrate.
Il en découle des sites commerciaux, des remèdes vendus au mépris des conséquences sur la santé et même sur la vie des clients. Dans ces situations, on ne pense plus en termes de patients.
Gras pigeons
Par Patrick Bergevin, membre du Think Tank ObésitéS, chirurgien digestif.
En réaction à l’article « Baclofène, médicament providence ? » de Sylvie Benkemoun
Il ne faut pas oublier que nous sommes la cible de l’industrie pharmaceutique. Dans notre société de consommation, nous sommes les pigeons (et aussi les moutons car l’individu aime agir comme ses semblables et perd facilement tout sens critique).
Souvent, la publicité ne répond pas à un besoin réel mais cherche toujours à générer le désir d’un produit superflu, souvent inutile et parfois dangereux. Les budgets consacrés dans ce but par l’industrie pharmaceutique sont considérables, n’hésitant pas à biaiser des études par des conflits d’intérêts pour prouver la supériorité de leur dernière molécule sur les précédentes et son innocuité.
Payer les patients : une méconnaissance absolue de l’obésité
Par Nathalie Négro, membre du Think Tank ObésitéS, diététicienne, responsable du Centre Nutritionnel des Thermes de Brides-les-Bains.
En réponse à l’article « Faut-il payer les patients pour qu’ils maigrissent ? » de JM Lecerf
Est-il vraiment surprenant qu’une telle idée soit avancée ? Elle rejoint une pratique en vogue et en plein essor depuis 2009 aux Etats-Unis. Les entreprises organisent des concours d’amaigrissement pour leurs employés, seuls ou en équipes. A la clé, des primes. Outre le fait que cela engendre une concurrence malsaine entre les employés, c’est évidemment la porte ouverte à tous les régimes imaginables, avec des conséquences délétères sur la santé, aussi bien mentale que physique. On voit bien transparaître dans ce type de démarche une méconnaissance absolue de l’obésité.
Lettre ouverte à Madame la Ministre de la Santé
Par Catherine Grangeard, membre du Think Tank ObésitéS, psychanalyste spécialiste des questions d’obésité.
Quel est ce monde dans lequel certains médecins créent des sites en ligne et vont chercher le client ? Celui de l’obésité ! Le rôle du médecin est plutôt de recevoir le patient, non ?
Ces pratiques sont graves car elles participent à la fabrication d’obésité, de même que l’injonction à la minceur crée de l’excès de poids. Nous le savons, 95 % des régimes aboutissent à une prise de poids 5 ans après (rapport ANSES, nov 2010).


