L’obésité coûte cher
Par Jean-Michel Lecerf, membre du Think Tank ObésitéS, chef du service nutrition de l’institut Pasteur de Lille, spécialiste en Endocrinologie et maladies métaboliques.
Oui la maladie a un coût. Pour les maladies nobles, il est acceptable. Pour celles dont on pense qu’elles sont dues à une faute du patient, il devient intolérable.
Or de plus en plus, avec des prétextes économiques, il apparaît des commentaires sur ces gros qui coûtent cher, et qu’il faudrait les pénaliser pour les faire rentrer dans le rang. Ici on suggère de taxer les aliments grossissants. Là de moins rembourser certains soins. Ici de récompenser les bons élèves. Là ce sont des assurances privées plus chères… Demain cela pourrait être une pénalité de l’Assurance Maladie. C’est déjà un peu le cas puisque l’on sait que les consultations de diététique ne sont pas remboursées et que les médicaments ne l’ont jamais été (excepté le Mediator !) : ils n’ont qu’à manger moins !
Alors allons plus loin en ayant la même attitude pour toutes les affections dont on pense qu’elle sont dues à un comportement inapproprié du patient : maladies liées à l’alcool, schizophrénie liée au cannabis, diabète lié à la sédentarité, cancer lié au tabac, polytraumatisés liés aux accidents de la route ou du sport.
Rajoutons à cela la liste des patients non responsables de leur affection mais qui coûtent cher. Déremboursons les soins des enfants trisomiques que les mamans ont choisi de garder, et un nouvel eugénisme nous guettera !
Les médecins doivent soigner indifféremment et avec la même volonté les patients quels que soient leur race, leur camp, leur responsabilité dans leur pathologie.
Certes, engageons nos forces dans la prévention de l’obésité. Poursuivons la recherche pour comprendre les causes de cette affection, que le patient soit victime ou coupable, peu importe. Notre devoir d’humanité et de solidarité sont deux lois incontournables.









