Le sport à 2 ans
Par Jean-Michel Lecerf, membre du Think Tank ObésitéS, chef du service nutrition de l’Institut Pasteur de Lille, spécialiste en endocrinologie et maladies métaboliques.
J’ai été longuement interviewé pour la télévision sur une initiative qui semble s’installer en France : des cours de sports dès l’âge de 2 ans pour prévenir l’obésité. La chaine de télévision n’a pas retenu mon avis. Il n’était peut-être pas pertinent ou n’allait pas dans le sens de l’évidence.
Posez la question : « êtes-vous pour une activité qui empêche l’obésité de votre enfant ? », idiot celui qui répondrait non.
Fumer, manger et tutti quanti
Par Catherine Grangeard, membre du Think Tank ObésitéS, psychanalyste spécialiste des questions d’obésité.
En réponse à l’article « Comportement et maladie, même combat ? » de Nathalie Négro
Est-ce désobligeant d’être fumeur ? Trop souvent les personnes en excès de poids ont- elles une alimentation trop abondante et déséquilibrée ? Rapprocher le comportement des uns et des autres est-ce une insulte, pour les uns comme pour les autres ? Je ne vois vraiment pas en quoi considérer les raisons sous-jacentes aux comportements menant à des difficultés ultérieures serait mal venu… ou alors il faut dire que le jugement moral prédomine et qu’il est « political correct » de penser ceci, dire cela… ce qui m’effraie réellement pour le coup.
Comportement et maladie, même combat ?
Par Nathalie Négro, membre du Think Tank ObésitéS, diététicienne, responsable du Centre Nutritionnel des Thermes de Brides-les-Bains.
Il y a quelques semaines, plusieurs journaux titraient sur l’étude comparant la mortalité due à l’obésité et celle due au tabagisme.
Je ne pense pas être la seule à être dérangée, voire choquée, par ce type d’article et de comparaison. Car enfin, on compare les complications liées à une maladie chronique complexe, multifactorielle, à un comportement tout à fait évitable ! Viendrait-il à l’idée de quiconque de comparer les morts dus aux cancers par exemple, pour lesquels des facteurs environnementaux, dont l’alimentation, jouent un rôle et les morts dus à un comportement à risque (alcool, tabac…) ?
Manger dans le métro
Par Catherine Grangeard, membre du Think Tank ObésitéS, psychanalyste spécialiste des questions d’obésité.
Les Anglais sont-ils toujours capables de nous surprendre ? La réponse est oui.
Cet Anglais a une idée : poster sur les réseaux sociaux des photos de femmes mangeant dans le métro. Bien sûr ces posts provoquent des commentaires qui les ridiculisent. Et lorsque cela concerne des femmes en surpoids, les propos deviennent tendancieux, voire sexistes. Certaines de ces femmes ont été se plaindre aux responsables du métro londonien. Mais de l’autre côté de la Manche on protège davantage la liberté d’expression que le droit à l’image.
Quel(s) moteur(s) de l’activité physique chez l’enfant ?
Par Gautier Zunquin, membre du Think Tank ObésitéS, maître de conférences en activités physiques à l’Université du Littoral Côte d’Opale, chargé d’études cliniques sur l’obésité.
Chez l’enfant, le principal moteur de l’activité physique est le plaisir, l’amusement lié au jeu. C’est à partir de la puberté que les motivations pour l’activité physique diminuent, surtout chez les enfants les plus sédentaires.
C’est donc pendant l’enfance que l’enfant doit expérimenter différentes activités. Certaines lui conviendront, d’autres non, selon le plaisir ressenti procuré. Les représentations sociales des pratiques semblent peu développées à 3 ans. Lire la Suite…
Bouger peu mais régulièrement
Par Arnaud Cocaul, membre du Think Tank ObésitéS, médecin nutritionniste.
En réaction à l’article « Lien mère/enfant sur l’activité physique » de Gautier Zunquin
La biologie humaine et les comportements humains contemporains trouvent leur genèse dans l’apparition de notre ancêtre Homo Sapiens il y a environ 45 000 ans. Le seul moyen d’accéder à la pitance était de partir en quête de nourriture quotidiennement. Or, c’était le statut de chasseur cueilleur qui prévalait.
Notre mode de vie actuel est radicalement en opposition avec celui de nos ancêtres. Les progrès liés aux innovations technologiques ont diminué nettement l’activité physique quotidienne. Elle ne représente plus que 65% de celle de l’homme de l’âge de pierre. Notre activité physique est ainsi en décalage avec l’activité initialement programmée au cours de notre évolution. Et on pourrait ajouter aussi, le type d’activité physique qui tranche nettement avec celle qui aurait dû avoir lieu. Ainsi le temps passé assis est associé à un risque accru d’obésité.
La chirurgie : pour qui ? Comment ? Et après ?
Par Patrick Bergevin, membre du Think Tank ObésitéS, chirurgien digestif
En réponse à un article qui souligne la croissance exponentielle de la chirurgie de l’obésité (le nombre de chirurgies de l’obésité a triplé en 7 ans sur le site pourquoidocteur.fr), il faut s’interroger. Certes, l’obésité devient un fléau endémique. Certes, la chirurgie permet un retour en arrière quand on est en obésité morbide, contrairement aux régimes yoyos qui ne font qu’aggraver le problème. Pour autant, tous les obèses doivent-ils envisager la chirurgie ?
Certains ne souffrent pas de comorbidités (et, mis à part les grands obèses, l’évolution vers les ennuis de santé ne semble pas si inéluctable que prédit auparavant). D’autres souffrent dans leur corps des conséquences de leur poids (articulaires, respiratoires, cardiaques, etc.).
Aujourd’hui, la majorité de ces chirurgies concerne plutôt des femmes, encore jeunes, dont le surpoids n’est pas encore sévère mais qui ne se supportent plus. Souvent, tout a commencé à l’adolescence, avec le désir de plaire et pour cela l’obligation de répondre aux critères de mode, à la ligne-mannequin. Lire la Suite…


