Le surpoids et la fertilité des parents
Par Arnaud Cocaul, membre du Think Tank ObésitéS, médecin nutritionniste.
Bon nombre de femmes obèses souhaitent légitimement être enceintes. L’excès pondéral à l’âge adulte impacte négativement la fertilité naturelle féminine, tout comme celle des hommes obèses.
Une fille née avec un petit poids de naissance à terme aura une fertilité perturbée ultérieurement. Une prise de poids trop importante à l’adolescence et à l’âge adulte aura une influence sur l’âge de la première grossesse. Au moment même de la conception, être en surpoids ou en obésité chez les parents futurs peut avoir un effet transgénérationnel et retentir sur leur futur enfant.
L’obésité infantile continue de croître
Par Arnaud Cocaul, membre du Think Tank ObésitéS, médecin nutritionniste.
L’obésité infantile continue de croître dans des proportions très inquiétantes. Ainsi, aux USA, le poids moyen des enfants a augmenté en moyenne de 5 kg sur les 30 dernières années. Plus d’un enfant sur 3 est obèse ou en surpoids (The Lancet février 2015).
Les experts s’accordent pour dire qu’il faudrait promouvoir des comportements plus vertueux chez les enfants. Certes tout le monde le proclame, mais les progrès sont désespérément trop lents. L’industrie agro-alimentaire a tout intérêt à viser le public infantile et à en faire une cible prioritaire. Petits mangeurs deviendront de gros mangeurs et de gros acheteurs.
Mourir la belle affaire mais vieillir !
Par Arnaud Cocaul, membre du Think Tank ObésitéS, médecin nutritionniste.
Les personnes âgées doivent prendre garde aux régimes. Tout régime est potentiellement dangereux passé l’âge de 70 ans. En effet, ils induisent une perte de masse musculaire supérieure à celle obtenue sur la masse grasse. Les régimes réduisent l’appétit et désocialisent.
En vieillissant, nos besoins métaboliques se maintiennent voir même augmentent légèrement en raison d’une baisse du rendement métabolique des nutriments.
Acteurs de poids
Par Arnaud Cocaul, membre du Think Tank ObésitéS, médecin nutritionniste.
Un article de M le Monde du 6 décembre 2014 rappelle que certains acteurs surinvestissent leur rôle au point de mettre en péril leur équilibre pondéral. Il faut faire le poids pour jouer Jack la Motta comme le fit Robert De Niro en 1980 dans le film de Scorsese Raging Bull, il prit 30 kg en 4 mois. L’acteur séjourna même clandestinement dans un palace parisien où il ne sortait pas et passait son temps à manger. De Niro empocha l’Oscar.
Stanley Kubrick était un cinéaste des plus exigeants, ce qui justifie le peu de films qu’il nous laisse (mais quels films !). Pour Full Metal Jacket, sa vision sur le Vietnam intégralement tournée dans la banlieue londonienne, Kubrick voulait une tête de turc pour le sergent instructeur Hartman (authentique sergent). L’acteur Vincent D’Onofrio pressenti pour le rôle de « grosse baleine » grossit de 32 kg en 7 mois et mit 9 mois pour les reperdre. Autre prestation à Oscar, celle de Charlize Theron, égérie de J’adore de Dior, qui se nourrit de beignets bien gras et de junk food afin d’être crédible dans le rôle d’une tueuse en série dans le film Monster en 2003. Elle prit 14 kilos.
Sommeil et poids
Par Jean-Michel Lecerf, membre du Think Tank ObésitéS, chef du service nutrition de l’Institut Pasteur de Lille, spécialiste en endocrinologie et maladies métaboliques.
En réaction au texte « La paix sociale avec les ados passe par le lit » de Catherine Grangeard
Depuis plus de 10 ans les études se suivent et se ressemblent. Le déficit de sommeil est un facteur majeur dans la genèse de la prise de poids, voire dans l’épidémie d’obésité à tous les âges de l’existence. Bien sûr il existe une susceptibilité individuelle et certains petits dormeurs restent minces. Les enfants pourraient cependant être plus sensibles à ce déficit de sommeil.
La paix sociale avec les ados passe par le lit
Par Catherine Grangeard, membre du Think Tank ObésitéS, psychanalyste spécialiste des questions d’obésité.
The American Academy of Pediatrics (AAP) alerte à nouveau sur la nocivité du manque de sommeil chez les adolescents dans son congrès du 25 août dernier. Il en pointe les effets pervers : perte de concentration scolaire et prise de poids, pour n’en citer que quelques-uns. Nous savons déjà par d’autres études les effets du manque de sommeil sur l’accumulation de kilos.
Partant de ce constat, le congrès ose la question suivante : « puisque les ados ne trouvent pas le sommeil avant 23 heures, pourquoi les responsables des établissements scolaires continuent-ils à les convoquer en cours avant qu’ils soient réveillés ? ». Il ne s’agit pas de regretter la réalité mais d’éviter leurs conséquences néfastes… Agissons en adultes et ne demandons pas aux adolescents l’inverse de ce qu’ils vivent…
Le lien entre obésité et pauvreté n’est pas si simple que cela. Il faut d’abord distinguer grande pauvreté et faibles revenus. Dans le premier cas, le risque principal est plutôt la sous-nutrition que la suralimentation. Dans le second cas, le gradient d’obésité est inverse aux revenus. Mais la relation est linéaire, il n’y a pas de seuil. Au plus le revenu baisse, au plus la prévalence d’obésité est forte. C’est d’ailleurs un des facteurs prédictifs d’obésité les plus puissants.

