Archive | L’enfant roi et ses conséquences sanitaires RSS for this section

Taxe à l’écran

Par Jean-Michel Lecerf, membre du Think Tank ObésitéS, chef du service nutrition de l’Institut Pasteur de Lille, spécialiste en endocrinologie et maladies métaboliques.

Récemment l’assemblée taiwanaise a adopté un amendement permettant de mettre à l’amende les parents laissant trop longtemps leur enfant devant un écran.

Choquant ? Oui parce que l’on s’immisce dans l’éducation des parents. Oui, car devoir en arriver là signifie que les dérives dans les conduites éducatives sont bien réelles. Ira-t-on jusqu’au concept de « non-assistance à personne en danger » pour ces bambins négligemment laissés des heures devant la télé ?

Lire la Suite…

Habitudes de vie, berceau des obésités ?

Par Jean-Michel Lecerf, membre du Think Tank ObésitéS, chef du service nutrition de l’institut Pasteur de Lille, spécialiste en Endocrinologie et maladies métaboliques.

Une étude québécoise montrait que l’association d’un déficit de sommeil, de signes de restriction cognitive, d’apports calciques insuffisants entraînait un risque d’obésité 2 fois plus important que le fait de manger très gras ou de ne pas du tout faire d’effort physique intense. Bref, il faut peut-être aussi chercher ailleurs que dans l’assiette seulement, les raisons de l’épidémie d’obésité. Pourquoi pas dans le temps passé devant les écrans ? Or, celui-ci n’est pas non plus indépendant du déficit de sommeil. Il témoigne chez l’enfant d’un moins bon contrôle parental, de styles de vie ou de rythmes de vie moins satisfaisants (moins d’activité physique, pas de petit-déjeuner lors d’un lever tardif). Mais est-ce la télé, le manque de sommeil ou autre chose encore ? Par exemple, la perte de « l’autorité parentale » par manque de confiance des parents en leur capacité éducative, le manque du « non », l’effacement du père, ayant fait émerger l’enfant-roi, dans lequel tous les marchands s’engouffrent.

D’autres diront que ce sont les publicités alimentaires à la télé qui font manger. Je ne le crois pas : leur effet ne s’exerce que dans un terrain propice. Regardons toujours le terrain !

Écrans plats, ventres ronds

Par Arnaud Cocaul, membre du Think Tank ObésitéS, médecin nutritionniste.

Dis-moi si tu manges devant la TV, je te dirai si tu vas grossir ! Une enquête hallucinante de TNS Sofres de 2013 (commandée par le Syndicat français des aliments de l’enfance) nous apprend que 29% des enfants de moins de 3 ans mangent devant un écran. Les parents en situation de grande précarité ont été écartés de l’étude. Cela touche même les bébés de 15 jours à 3 mois : 15% d’entre eux sont nourris devant un dérivatif comme un écran TV ou tablette ou ordinateur. Notre société zapping où les images supplantent la discussion, où le temps accordé à la parole se restreint au profit d’activités passives, crée une génération d’écrans plats et de ventres ronds.

On assiste à des consultations où les parents inquiets amènent leurs enfants un peu ronds ou franchement trop ronds afin que le nutritionniste ou la diététicienne prescrive « le régime », véritable panacée universelle, seul susceptible de guérir leur progéniture.

Lire la Suite…

Enfants rois et mères toutes puissantes

Par Patrick Bergevin, membre du Think Tank ObésitéS, chirurgien digestif

Certains, comme le pédiatre Aldo Naouri, s’interrogent sur l’évolution du comportement des parents dans l’alimentation des nourrissons.

On observe de plus en plus une réponse rapide aux pleurs du nouveau-né par l’administration d’un biberon dès les premiers cris. Cette réaction immédiate empêcherait l’apprentissage de la patience et l’acceptation nécessaire des frustrations.

Plus tard, cet enfant impatient serait moins à même de supporter les contraintes de la vie en société. L’évolution des mœurs, avec notamment l’autonomisation salutaire des mères par la contraception et l’accession généralisée au monde du travail, a rendu le statut paternel beaucoup plus flou et plus incertain qu’à l’époque du pater familias.

Le personnage du père a tendance à s’effacer dans l’équilibre du couple parental. La mère devient alors prépondérante dans l’éducation des enfants, voire exclusive dans certaines familles monoparentales. Or, le rôle du père devrait rester fondamental, puisque c’est lui qui s’interpose comme tiers dans la relation fusionnelle mère-enfant.

Lire la Suite…

Autrefois, enfant-roi

Par Catherine Grangeard, membre du Think Tank ObésitéS, psychanalyste spécialiste des questions d’obésité.

Quand j’étais petite fille, je courais par monts et par vaux durant l’été, chez mes grands-parents. En totale liberté ! Tous les gamins rentraient après avoir mangé des baies, parfois un peu égratignés ou les genoux amochés, pas très propres non plus.

N’était-ce pas plus royal que de voir aujourd’hui enfourner une tétine dans la bouche des chères têtes blondes pour éviter de les entendre brailler ?

Entre la demande de notre cadeau et l’arrivée sous le sapin, nous avions le temps de rêver, le temps de désirer. Même si c’était peu de chose, sa valeur devenait inestimable. On trouvait qu’on avait beaucoup de chance.

Les catalogues de jouets s’adressent désormais à Princesse et Prince, consommateurs désignés du Grand Marché.

Lire la Suite…

Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Rejoignez 462 autres abonnés