Moins lourd, plus facile de bouger
Par Jean-Michel Lecerf, membre du Think Tank ObésitéS, chef du service nutrition de l’institut Pasteur de Lille, spécialiste en Endocrinologie et maladies métaboliques.
En réaction à l’article « Sport et personnes en obésité » de Catherine Grangeard
Bouger quand on est gros, voici la solution. Hélas, cela ne suffit pas. Non seulement parce qu’il est souvent trop tard quand on est devenu trop gros et que les articulations ont souffert, mais aussi parce que marcher 1 heure, quand on y arrive, cela fait 400 Kcalories en moins. Mais un peu plus de repas ensuite, une petite compensation alimentaire après, pour un total de 8 000 Kcalories dans 1 kg de tissu adipeux… soit 20 heures de marche… Alors inutile ? Non mais cela dépend pour quoi, pour qui et comment.
Pour qui tout d’abord : les jeunes. Le mouvement par le jeu plait, à condition de ne pas chercher la performance. A cet âge, mis à part le souffle, le reste du corps suit encore.
Le lien entre obésité et pauvreté n’est pas si simple que cela. Il faut d’abord distinguer grande pauvreté et faibles revenus. Dans le premier cas, le risque principal est plutôt la sous-nutrition que la suralimentation. Dans le second cas, le gradient d’obésité est inverse aux revenus. Mais la relation est linéaire, il n’y a pas de seuil. Au plus le revenu baisse, au plus la prévalence d’obésité est forte. C’est d’ailleurs un des facteurs prédictifs d’obésité les plus puissants.








