L’équilibre de l’alimentation a vocation à protéger la santé
Par Nathalie Négro, membre du Think Tank ObésitéS, diététicienne responsable du Centre Nutritionnel des Thermes de Brides-les-Bains.
En réponse à l’article « les paradoxes de l’obésité » de Bernard Waysfeld
Les résultats de l’étude citée par Bernard Waysfeld sont effectivement intéressants.
L’une des explications de ces résultats ne serait-elle pas l’attention particulière accordée par les personnes obèses à la qualité de leur alimentation ? Il y a en effet souvent confusion entre équilibre alimentaire, destiné à préserver autant que possible la santé, et gestion du poids. Ainsi, certaines personnes maigres ou minces se croient à l’abri des maladies (cardiovasculaires notamment) parce qu’elles n’ont pas de problème pondéral. De fait, elles mangent de façon anarchique.
Les limites de l’IMC
Par Nathalie Négro, membre du Think Tank ObésitéS, diététicienne responsable du Centre Nutritionnel des Thermes de Brides-les-Bains.
En réaction à l’article « Même pas peur de grossir » de Catherine Grangeard
Nous avons à plusieurs reprises débattu sur ce blog des limites de l’IMC. D’abord, il n’est à mon sens pas étonnant que les personnes ne se retrouvent pas dans ces différentes catégories, qui n’ont pas grand sens au niveau individuel.
Mais surtout, mon contact quotidien avec les patients m’incite à trois réflexions :
- Méconnaissent-ils vraiment leur degré de surcharge pondérale ? Pour certains, probablement, mais je ne crois pas que ce soit la majorité. En revanche, les termes choisis importent beaucoup. Lorsque l’on évoque en consultation les motivations à maigrir, j’entends régulièrement : « c’est mon médecin, il m’a dit que j’étais obèse ! ». Ce diagnostic tombe comme un couperet et est parfois ressenti comme un reproche. Ce terme « obèse » fait peur. Il présente aussi une connotation péjorative, comme s’il s’agissait d’une faute et non d’une maladie.
Réflexions sur l’étude publiée dans le Journal of Public Health du 18 avril
Par Nathalie Négro, membre du Think Tank ObésitéS, diététicienne responsable du Centre Nutritionnel des Thermes de Brides-les-Bains.
Voir l’article de La Dépêche en cliquant ici
Cette étude porte sur la classification des personnes obèses en 6 catégories, pour mieux personnaliser le traitement. Les résultats mettent ainsi en exergue la multifactorialité de l’obésité, ce qui est une bonne chose, si cela restait encore à démontrer.
Toutefois, il s’agit d’une photographie à un instant T. Par conséquent, on ne prend en considération que des signes cliniques, pourrait-on dire. Mais qu’en est-il de l’histoire de la personne ?
Quand sanctionner les parents fait des émules…
Par Nathalie Négro, membre du Think Tank ObésitéS, diététicienne responsable du Centre Nutritionnel des Thermes de Brides-les-Bains.
En réaction à l’article « Taxe à l’écran » de Jean-Michel Lecerf
Après Taïwan, c’est au tour de Porto Rico d’envisager de sanctionner financièrement les parents. Il s’agit cette fois des familles où un enfant est en surcharge pondérale. Le projet de loi prévoit qu’après avoir détecté l’obésité à l’école et en avoir déterminé les causes, on impose aux parents un régime et de l’activité physique pour leur enfant.
Si le résultat escompté n’est pas atteint au bout de 6 mois, les parents paieront une amende de 500 $. Si au bout d’un an, l’objectif fixé n’est toujours pas atteint, l’amende s’élèvera à 800 $.
Exemple parental, nécessaire mais pas suffisant… à long terme
Par Nathalie Négro, membre du Think Tank ObésitéS, diététicienne responsable du Centre Nutritionnel des Thermes de Brides-les-Bains.
En réaction à l’article « l’exemple doit venir des parents » d’Arnaud Cocaul
A l’instar de Jean-Michel Lecerf et Arnaud Cocaul, faire faire du sport à un enfant de 2 ans ne me semble d’aucune utilité, voire même contre-productif. Veiller à ce que ses jeux soient actifs est moins culpabilisant. Concernant l’exemple parental, des études, citées par Gautier Zunquin dans un précédent article posté sur ce Think Tank, ont prouvé qu’en effet, il est primordial pour inciter les enfants à pratiquer une activité physique régulière.
De l’utilité de diffuser les études au grand public
Par Nathalie Négro, membre du Think Tank ObésitéS, diététicienne, responsable du Centre Nutritionnel des Thermes de Brides-les-Bains.
En quête de scoops pour les médias ou de notoriété pour les équipes de recherche, de plus en plus d’études sont diffusées auprès du grand public à peine publiées, et sans aucune précaution.
Parfois, les professionnels n’ont pas encore eu le temps de prendre connaissance de l’étude que les patients leur en parlent déjà. L’ennui, c’est qu’une étude sortie de son contexte, sans comparaison avec d’autres réalisées sur le même sujet et délivrée sans critique objective, n’a pas grand intérêt. Elle peut même brouiller considérablement les idées.
Payer les patients : une méconnaissance absolue de l’obésité
Par Nathalie Négro, membre du Think Tank ObésitéS, diététicienne, responsable du Centre Nutritionnel des Thermes de Brides-les-Bains.
En réponse à l’article « Faut-il payer les patients pour qu’ils maigrissent ? » de JM Lecerf
Est-il vraiment surprenant qu’une telle idée soit avancée ? Elle rejoint une pratique en vogue et en plein essor depuis 2009 aux Etats-Unis. Les entreprises organisent des concours d’amaigrissement pour leurs employés, seuls ou en équipes. A la clé, des primes. Outre le fait que cela engendre une concurrence malsaine entre les employés, c’est évidemment la porte ouverte à tous les régimes imaginables, avec des conséquences délétères sur la santé, aussi bien mentale que physique. On voit bien transparaître dans ce type de démarche une méconnaissance absolue de l’obésité.


