Le sport sur ordonnance
Par Arnaud Cocaul, membre du Think Tank ObésitéS, médecin nutritionniste.
Le sport sur ordonnance est une initiative strasbourgeoise mise en place depuis 2012 impliquant tous les acteurs locaux de santé.
Le médecin traitant prescrit une ordonnance spécifique préconisant une activité physique et sportive modérée et régulière. Puis le patient prend contact avec une équipe d’éducateurs sportifs de Sport Santé. Un éducateur coordonnateur de la ville reçoit le patient pour mise en place du protocole d’activités physiques. Le patient est revu à 1 mois, 6 mois et 12 mois avec information au médecin prescripteur. Le sport est effectué soit en régie municipale soit via des associations labellisées. Le programme dure 3 ans ce qui permet de changer durablement le mode de vie. La première année est gratuite. Les suivantes sont tarifées selon les revenus déclarés, de 20 à 100 € par an. Ce programme essaime en France : Biarritz, Rennes, Château-Thierry, Chambéry.
« Un obèse ne perdra pas un gramme en faisant de l’exercice »
Par Gautier Zunquin, membre du Think Tank ObésitéS, maître de conférences en activités physiques à l’Université du Littoral Côte d’Opale, chargé d’études cliniques sur l’obésité.
En réaction à l’étude publiée dans le British Journal of Sports Medicine (22 avril)
« Un obèse ne perdra pas un gramme en faisant de l’exercice ». Cette affirmation n’est pas une nouveauté car la revue de la littérature publiée par Damon Swift* concluait « Les réponses aux programmes de perte de poids avec activité physique et sans restriction calorique sont très hétérogènes. Sur la base de la littérature existante, les patients qui s’engagent dans un programme d’activité physique sans restriction calorique auront une perte de poids modeste (<2 kg), mais aucune perte de poids est possible […] Les cliniciens devraient tenter d’encourager les participants à adhérer à des programmes d’entrainement (exercice régulier) sur le long terme, indépendamment de l’importance de la perte de poids obtenue ».
Dans cette même étude, ces auteurs montrent bien l’intérêt d’une prise en charge diététique (restriction calorique par rapport aux apports usuels) pour avoir des effets significatifs sur le poids, la composition corporelle et la diminution des facteurs de risque cardio-vasculaires et métaboliques.
Les bisounours en guerre contre l’industrie agro-alimentaire
Par Arnaud Cocaul, membre du Think Tank ObésitéS, médecin nutritionniste.
En réaction à l’étude publiée dans le British Journal of Sports Medicine (22 avril)
3 chercheurs britanniques (éditorial paru dans le British Journal of Sports Medicine) détruisent le mythe de l’exercice physique comme seule solution à l’obésité et préfèrent se focaliser sur les pratiques de l’industrie agro-alimentaire les assimilant à celles de l’industrie tabagique. Je dirai qu’il s’agit d’une non-nouveauté et que depuis longtemps les spécialistes du poids préviennent leurs patients sur l’absence de perte de poids lors de l’activité physique. Faire croire à un patient qu’il peut maigrir en faisant 2 fois par semaine du sport de loisirs relève de la fumisterie et du non-sens médical.
L’anti-mythe totalitaire
Par Catherine Grangeard, membre du Think Tank ObésitéS, psychanalyste spécialiste des questions d’obésité.
En réaction à l’étude publiée dans le British Journal of Sports Medicine (22 avril)
Chaque fois qu’un mythe est démonté, la liberté gagne. Sur tous les terrains…
Le terrain de sport était devenu la dernière coqueluche des tenants du « Y’a qu’à.. ». Insultant pour les paresseux qui ne manifestaient pas un enthousiaste démesuré à l’idéologie du corps sain pour un esprit sain. Les personnes en obésité s’entendaient dire « fais donc du sport, ça te fera maigrir ». On ne peut donc qu’apprécier de faire chuter ces remarques désobligeantes.
Mais… car il y a un mais. Lire l’article sera conseillé aux mauvais esprits qui trouveraient des raisons à ne pas bouger le petit doigt.
Exemple parental, nécessaire mais pas suffisant… à long terme
Par Nathalie Négro, membre du Think Tank ObésitéS, diététicienne responsable du Centre Nutritionnel des Thermes de Brides-les-Bains.
En réaction à l’article « l’exemple doit venir des parents » d’Arnaud Cocaul
A l’instar de Jean-Michel Lecerf et Arnaud Cocaul, faire faire du sport à un enfant de 2 ans ne me semble d’aucune utilité, voire même contre-productif. Veiller à ce que ses jeux soient actifs est moins culpabilisant. Concernant l’exemple parental, des études, citées par Gautier Zunquin dans un précédent article posté sur ce Think Tank, ont prouvé qu’en effet, il est primordial pour inciter les enfants à pratiquer une activité physique régulière.
Promenons-nous (quotidiennement) dans les bois !
Par Gautier Zunquin, membre du Think Tank ObésitéS, maître de conférences en activités physiques à l’Université du Littoral Côte d’Opale, chargé d’études cliniques sur l’obésité.
L’association d’un mode de vie sédentaire (manque d’activité physique quotidien) et d’une mort précoce vient d’être une nouvelle fois illustrée par Ekelund et coll*. Selon cette étude menée par l’unité d’épidémiologie de l’Université de Cambridge, le manque d’exercice (l’inactivité physique) entraine deux fois plus de décès prématurés que l’obésité. Cette étude renforce le rôle prépondérant de l’activité physique et d’un mode de vie actif sur la santé.
Sport et obésité infantile
Par Gautier Zunquin, membre du Think Tank ObésitéS, maître de conférences en activités physiques à l’Université du Littoral Côte d’Opale, chargé d’études cliniques sur l’obésité.
En réaction à l’article « Activité physique et prise alimentaire » de Nathalie Négro
David Thivel est venu présenter ses travaux novateurs et d’une grande qualité scientifique lors des Ateliers du Poids et de la Nutrition de Brides-les-Bains en septembre 2013.
Il a mené plusieurs études sur l’impact d’exercices aigus sur le bilan énergétique des enfants et adolescents (obèses ou non). Les résultats montrent une difficile régulation du bilan énergétique.
Ainsi, l’exercice aigu chez les adolescents normo-pondérés permet de prévenir le gain de poids en ayant un impact sur la balance énergétique (par une augmentation de la dépense). L’exercice aigu chez l’adolescent obèse affectera quant à lui la balance énergétique à travers son effet indirect sur sa consommation future (futures entrées).


