Activité et inactivité physique
Par Gautier Zunquin, membre du Think Tank ObésitéS, maître de conférences en activités physiques à l’Université du Littoral Côte d’Opale, chargé d’études cliniques sur l’obésité.
En réponse à l’article publié sur Slate.fr
L’activité physique se définit comme « tout mouvement corporel produit par les muscles squelettiques qui entraîne une augmentation substantielle de la dépense d’énergie au-dessus de la dépense énergétique de repos ».
Elle comprend :
- les activités professionnelles et de la vie courante,
- les activités de loisir,
- l’exercice physique : activité musculaire planifiée, répétée et contrôlée permettant d’améliorer sa condition physique,
- les activités sportives « sport », activité physique codifiée et organisée avec ou sans compétition.
Le sport sur ordonnance
Par Arnaud Cocaul, membre du Think Tank ObésitéS, médecin nutritionniste.
Le sport sur ordonnance est une initiative strasbourgeoise mise en place depuis 2012 impliquant tous les acteurs locaux de santé.
Le médecin traitant prescrit une ordonnance spécifique préconisant une activité physique et sportive modérée et régulière. Puis le patient prend contact avec une équipe d’éducateurs sportifs de Sport Santé. Un éducateur coordonnateur de la ville reçoit le patient pour mise en place du protocole d’activités physiques. Le patient est revu à 1 mois, 6 mois et 12 mois avec information au médecin prescripteur. Le sport est effectué soit en régie municipale soit via des associations labellisées. Le programme dure 3 ans ce qui permet de changer durablement le mode de vie. La première année est gratuite. Les suivantes sont tarifées selon les revenus déclarés, de 20 à 100 € par an. Ce programme essaime en France : Biarritz, Rennes, Château-Thierry, Chambéry.
« Un obèse ne perdra pas un gramme en faisant de l’exercice »
Par Gautier Zunquin, membre du Think Tank ObésitéS, maître de conférences en activités physiques à l’Université du Littoral Côte d’Opale, chargé d’études cliniques sur l’obésité.
En réaction à l’étude publiée dans le British Journal of Sports Medicine (22 avril)
« Un obèse ne perdra pas un gramme en faisant de l’exercice ». Cette affirmation n’est pas une nouveauté car la revue de la littérature publiée par Damon Swift* concluait « Les réponses aux programmes de perte de poids avec activité physique et sans restriction calorique sont très hétérogènes. Sur la base de la littérature existante, les patients qui s’engagent dans un programme d’activité physique sans restriction calorique auront une perte de poids modeste (<2 kg), mais aucune perte de poids est possible […] Les cliniciens devraient tenter d’encourager les participants à adhérer à des programmes d’entrainement (exercice régulier) sur le long terme, indépendamment de l’importance de la perte de poids obtenue ».
Dans cette même étude, ces auteurs montrent bien l’intérêt d’une prise en charge diététique (restriction calorique par rapport aux apports usuels) pour avoir des effets significatifs sur le poids, la composition corporelle et la diminution des facteurs de risque cardio-vasculaires et métaboliques.
Les bisounours en guerre contre l’industrie agro-alimentaire
Par Arnaud Cocaul, membre du Think Tank ObésitéS, médecin nutritionniste.
En réaction à l’étude publiée dans le British Journal of Sports Medicine (22 avril)
3 chercheurs britanniques (éditorial paru dans le British Journal of Sports Medicine) détruisent le mythe de l’exercice physique comme seule solution à l’obésité et préfèrent se focaliser sur les pratiques de l’industrie agro-alimentaire les assimilant à celles de l’industrie tabagique. Je dirai qu’il s’agit d’une non-nouveauté et que depuis longtemps les spécialistes du poids préviennent leurs patients sur l’absence de perte de poids lors de l’activité physique. Faire croire à un patient qu’il peut maigrir en faisant 2 fois par semaine du sport de loisirs relève de la fumisterie et du non-sens médical.
L’anti-mythe totalitaire
Par Catherine Grangeard, membre du Think Tank ObésitéS, psychanalyste spécialiste des questions d’obésité.
En réaction à l’étude publiée dans le British Journal of Sports Medicine (22 avril)
Chaque fois qu’un mythe est démonté, la liberté gagne. Sur tous les terrains…
Le terrain de sport était devenu la dernière coqueluche des tenants du « Y’a qu’à.. ». Insultant pour les paresseux qui ne manifestaient pas un enthousiaste démesuré à l’idéologie du corps sain pour un esprit sain. Les personnes en obésité s’entendaient dire « fais donc du sport, ça te fera maigrir ». On ne peut donc qu’apprécier de faire chuter ces remarques désobligeantes.
Mais… car il y a un mais. Lire l’article sera conseillé aux mauvais esprits qui trouveraient des raisons à ne pas bouger le petit doigt.
Exemple parental, nécessaire mais pas suffisant… à long terme
Par Nathalie Négro, membre du Think Tank ObésitéS, diététicienne responsable du Centre Nutritionnel des Thermes de Brides-les-Bains.
En réaction à l’article « l’exemple doit venir des parents » d’Arnaud Cocaul
A l’instar de Jean-Michel Lecerf et Arnaud Cocaul, faire faire du sport à un enfant de 2 ans ne me semble d’aucune utilité, voire même contre-productif. Veiller à ce que ses jeux soient actifs est moins culpabilisant. Concernant l’exemple parental, des études, citées par Gautier Zunquin dans un précédent article posté sur ce Think Tank, ont prouvé qu’en effet, il est primordial pour inciter les enfants à pratiquer une activité physique régulière.
L’exemple doit venir des parents
Par Arnaud Cocaul, membre du Think Tank ObésitéS, médecin nutritionniste.
En réaction à l’article « le sport à 2 ans » de Jean-Michel Lecerf
Je rejoins l’avis de Jean Michel Lecerf. Les parents attendent trop souvent du médecin une réponse à leur propre angoisse. Ils souhaitent entendre la même injonction que celle qu’ils ont formulés. Il faut éviter de scotcher des réponses adultes à des problématiques infantiles. Comme on ne doit pas mettre au régime un enfant, on ne doit pas l’inscrire de force à une activité sportive au risque de l’écoeurer définitivement. Les femmes ne sont-elles pas les premières à être dégoûtés de faire du sport en salle à côté de bimbos aux mensurations incroyables ?


