La personne plus que l’obésité !
Par Catherine Grangeard, membre du Think Tank ObésitéS, psychanalyste spécialiste des questions d’obésité.
En réaction à l’étude publiée dans le Journal of Public Health (18 avril) - voir l’article de La Dépêche
Cette étude précise ce que j’ai défendu avec de nombreux articles ici-même. Je ne peux donc que la trouver excellente ! C’est la personne qui compte, plus que son symptôme.
L’obésité, l’excès de poids, les TCA. Bref, tout ce qui concerne ce Think Tank. Tout diffère selon l’histoire de la personne. Cette étude classe en 6 groupes. Cela pourrait être fait, avec d’autres critères, en plus ou en moins de groupes. Ce pourrait être tout aussi heuristique. Ce n’est pas ce que je retiens d’essentiel pour ma part.
Je pense profitable de faire connaître cette étude auprès des personnes concernées, soignants comme celles qui cherchent des solutions personnelles. Il s’agit en effet de trouver une solution adaptée à sa propre histoire (se référer à quelques-uns des articles que j’ai écrit ici, pour plus de détails).
Obésité : qui est responsable ?
Par Catherine Grangeard, membre du Think Tank ObésitéS, psychanalyste spécialiste des questions d’obésité.
La notion de responsabilité en obésité est épisodiquement évoquée.
Parfois ce sont les parents qui sont incriminés, parfois les personnes en elles-mêmes, ou les industriels, les couturiers, les… . La liste est longue, fluctuante.
Puisque l’obésité est plurifactorielle, aucun de ces éclairages ne peut être faux ou vrai, exclusivement. La combinaison de divers éléments influe selon les individus et leur histoire singulière. Déresponsabiliser une personne et la considérer comme une victime n’est pas un service à lui rendre.
Payer les patients : une méconnaissance absolue de l’obésité
Par Nathalie Négro, membre du Think Tank ObésitéS, diététicienne, responsable du Centre Nutritionnel des Thermes de Brides-les-Bains.
En réponse à l’article « Faut-il payer les patients pour qu’ils maigrissent ? » de JM Lecerf
Est-il vraiment surprenant qu’une telle idée soit avancée ? Elle rejoint une pratique en vogue et en plein essor depuis 2009 aux Etats-Unis. Les entreprises organisent des concours d’amaigrissement pour leurs employés, seuls ou en équipes. A la clé, des primes. Outre le fait que cela engendre une concurrence malsaine entre les employés, c’est évidemment la porte ouverte à tous les régimes imaginables, avec des conséquences délétères sur la santé, aussi bien mentale que physique. On voit bien transparaître dans ce type de démarche une méconnaissance absolue de l’obésité.
Mysimba, Baclofène… Qui est responsable ? Prescripteurs ou patients ?
Par Catherine Grangeard, membre du Think Tank ObésitéS, psychanalyste spécialiste des questions d’obésité.
Début 2015, deux médicaments, le Mysimba et le Baclofène, défraient la chronique de la perte de poids. Repartons du Médiator, à l’origine médicament utilisé pour traiter le diabète puis détourné pour les problèmes d’excès de poids. Mais par qui ? Ce sont bien des médecins qui le prescrivaient, rassurez-moi, on ne trouve pas ces produits chez son épicier…
Des médecins, approchés par les laboratoires, se laissent parfois convaincre alors que les études bénéfices/risques présentées par les revues médicales sont réservées. Bruno Toussaint, directeur de la revue Prescrire, dénonce la censure de certaines données cardiovasculaires qui peuvent jouer un rôle sur les incertitudes à avoir concernant Mysimba. Savez-vous que les études doivent être produites par la firme Orexigen avant 2022 (oui, il n’y a pas d’erreur, 2022 !)? En attendant, le dérivé d’amphétamine peut être prescrit !
Lettre ouverte à Madame la Ministre de la Santé
Par Catherine Grangeard, membre du Think Tank ObésitéS, psychanalyste spécialiste des questions d’obésité.
Quel est ce monde dans lequel certains médecins créent des sites en ligne et vont chercher le client ? Celui de l’obésité ! Le rôle du médecin est plutôt de recevoir le patient, non ?
Ces pratiques sont graves car elles participent à la fabrication d’obésité, de même que l’injonction à la minceur crée de l’excès de poids. Nous le savons, 95 % des régimes aboutissent à une prise de poids 5 ans après (rapport ANSES, nov 2010).
Faut-il payer les patients pour qu’ils maigrissent ?
Par Jean-Michel Lecerf, membre du Think Tank ObésitéS, chef du service nutrition de l’Institut Pasteur de Lille, spécialiste en endocrinologie et maladies métaboliques.
Récemment dans Le Point, Anne Jeanblanc posait la question « faut-il payer les patients pour qu’ils maigrissent ? ». Elle se rapportait à des études anglo-saxonnes qui s’interrogeaient sur les leviers financiers pour que les patients suivent correctement leurs traitements médicamenteux.
Il n’est pas saugrenu de penser que le levier « argent » puisse être proposé aux « gros » afin, qu’enfin, ils se décident à maigrir ! Cette carotte a été utilisée et/ou proposée dans certains pays comme le Brésil et la Grande Bretagne. On n’est pas loin de l’idée de Dukan de donner des points supplémentaires aux candidats au bac qui auraient un poids normal. Si tout cela est non seulement choquant mais également absurde, cela renforce cette notion dangereuse du « devoir » à être en bonne santé.
Service endocrino Mc Do
Par Arnaud Cocaul, membre du Think Tank ObésitéS, médecin nutritionniste.
Des partenariats étonnants se sont développés dans les années 90 aux Etats-Unis entre les hôpitaux et de grandes chaines de restauration fast food. Ainsi, certains sont traités pour un diabète lié à de mauvais choix alimentaires et une forte sédentarité. Grâce à ces partenariats, ils peuvent dévorer un hamburger avec une sauce ketchup à volonté en se rendant à la cafétéria du rez de chaussée en prenant l’ascenseur !


