Fumer, manger et tutti quanti
Par Catherine Grangeard, membre du Think Tank ObésitéS, psychanalyste spécialiste des questions d’obésité.
En réponse à l’article « Comportement et maladie, même combat ? » de Nathalie Négro
Est-ce désobligeant d’être fumeur ? Trop souvent les personnes en excès de poids ont- elles une alimentation trop abondante et déséquilibrée ? Rapprocher le comportement des uns et des autres est-ce une insulte, pour les uns comme pour les autres ? Je ne vois vraiment pas en quoi considérer les raisons sous-jacentes aux comportements menant à des difficultés ultérieures serait mal venu… ou alors il faut dire que le jugement moral prédomine et qu’il est « political correct » de penser ceci, dire cela… ce qui m’effraie réellement pour le coup.
Mes années d’expérience et de consultations de personnes d’horizons divers et de soucis de vie tout autant divers et variés, m’amènent à la réflexion suivante. Ces comportements excessifs ne sont ni naturels ni indispensables. Mais ils résultent d’une nécessité intérieure. Toutes ces personnes sont en difficulté. Elles ont une incapacité intérieure à se priver de ce qui calme des angoisses, apaise un manque existentiel et supplée à toutes sortes d’insatisfactions, présentes ou passées. La fin justifie alors les moyens…
Personne, pas même eux, ne dit qu’ils ont raison. Mais qu’ils ont des raisons de faire comme ils font. C’est le préalable pour changer… sans culpabilisation, ni déni. Trop manger, fumer, etc. : ce n’est pas un péché ! Est-ce une honte ? Une faute ? Ou bien est-ce un problème ?


