La discrimination, facteur d’obésité
Par Arnaud Cocaul, membre du Think Tank ObésitéS, médecin nutritionniste.
Une récente étude du département épidémiologie et santé publique de l’University College London (Dr Sarah Jackson) pointe la discrimination comme source potentielle de prise de poids. Elle est parue dans le journal Obesity en septembre 2014 et porte sur environ 3000 adultes suivis pendant 4 ans.
Cette étude inclut des hommes et des femmes de plus de 50 ans avec un indice corporel allant de « normal » à « obèse massif ». Les membres de la cohorte appartiennent à l’English Longitudinal Study of Ageing.
On leur a demandé d’exprimer leur ressenti face à des exemples de discrimination en lien potentiel avec le poids. Parmi les situations évoquées : être traité de façon irrespectueuse, subir un service minimum dans les boutiques… Une personne sur 10 évoque une discrimination liée au poids. Dans le groupe « obésité massive », on passe à un individu sur 3. Sur 4 ans, la prise de poids attribuable à la discrimination était de l’ordre de 1 kg contre une perte de 0,7 kilos chez les personnes non victimes de cet état de fait.
Cela conforte d’autres études qui montrent que subir une discrimination incite à trouver un réconfort dans la nourriture spécialement grasse et sucrée et à devenir plus passif dans son activité.
Tout le monde, y compris le corps médical et paramédical, doit développer une attitude empathique et non culpabilisante face à une personne en surpoids et d’autant plus si elle est obèse.


