Les complications post-opératoires plus fréquentes chez les personnes obèses
Par Patrick Bergevin, membre du Think Tank ObésitéS, chirurgien digestif.
En réponse à l’article « le paradoxe de l’obésité » de Bernard Waysfeld
L’étude rapportée par Bernard Waysfeld sur le moindre risque cardiovasculaire des personnes en surpoids comparativement à celles de poids dit normal est très surprenante car elle va à l’encontre des précédentes. Il n’est pas précisé cependant le risque dans la catégorie obésité morbide, au delà d’un IMC de 40. En tant que chirurgien, je peux difficilement partager l’opinion que l’obésité met à l’abri des risques.
Gras pigeons
Par Patrick Bergevin, membre du Think Tank ObésitéS, chirurgien digestif.
En réaction à l’article « Baclofène, médicament providence ? » de Sylvie Benkemoun
Il ne faut pas oublier que nous sommes la cible de l’industrie pharmaceutique. Dans notre société de consommation, nous sommes les pigeons (et aussi les moutons car l’individu aime agir comme ses semblables et perd facilement tout sens critique).
Souvent, la publicité ne répond pas à un besoin réel mais cherche toujours à générer le désir d’un produit superflu, souvent inutile et parfois dangereux. Les budgets consacrés dans ce but par l’industrie pharmaceutique sont considérables, n’hésitant pas à biaiser des études par des conflits d’intérêts pour prouver la supériorité de leur dernière molécule sur les précédentes et son innocuité.
Dérives de la chirurgie de l’obésité
Par Patrick Bergevin, membre du Think Tank ObésitéS, chirurgien digestif.
La chirurgie de l’obésité s’est répandue à travers le monde comme une trainée de poudre depuis une quinzaine d’années. C’est maintenant une part importante de l’activité de beaucoup de chirurgiens digestifs. Certains se sont même spécialisés dans cette activité. Et sous la pression de la mode, des critères de minceur et du regard de la société, les personnes en surpoids y recourent de plus en plus.
Le parcours d’un obèse varie bien sûr en fonction de son histoire personnelle. Bien souvent les régimes yo-yo débutés à l’adolescence sont pour une grande part dans la genèse de l’obésité. Ils font perdre les repères naturels de l’organisme qui assurent la régulation de l’alimentation en fonction des dépenses énergétiques de chacun. D’échec en échec, ils induisent un état dépressif avec culpabilisation et dépréciation de soi. Remettre en place une alimentation « naturelle » et reprendre confiance sont des préalables nécessaires si on veut aborder cette chirurgie avec des chances de bons résultats à long terme.
Traiter le mal par la racine
Par Patrick Bergevin, membre du Think Tank ObésitéS, chirurgien digestif
En réaction à l’article « Donnons du temps au temps » d’Arnaud Cocaul
Vouloir perdre du poids rapidement, la demande existe aussi pour la chirurgie bariatrique : « J’y réfléchis depuis très longtemps docteur. Tous les régimes ont été un échec pour moi. Maintenant ça y est, ma décision est prise. Je veux me faire opérer, et vite. J’ai fait le tour de la question« .
Mais justement, bien souvent, le tour de la question n’a pas été fait face à une telle demande si pressante. Dans ce cas, il est urgent d’attendre pour réfléchir.
Une rencontre avec une psychologue avant l’intervention, par exemple pourra peut-être éclaircir les causes sous-jacentes au surpoids. De ce point de vue, chaque histoire est personnelle. Ce temps permettra aussi de pointer les émotions à l’origine de comportements alimentaires inappropriés. Le dialogue permettra de les amender ou de trouver d’autres exutoires.
La chirurgie : pour qui ? Comment ? Et après ?
Par Patrick Bergevin, membre du Think Tank ObésitéS, chirurgien digestif
En réponse à un article qui souligne la croissance exponentielle de la chirurgie de l’obésité (le nombre de chirurgies de l’obésité a triplé en 7 ans sur le site pourquoidocteur.fr), il faut s’interroger. Certes, l’obésité devient un fléau endémique. Certes, la chirurgie permet un retour en arrière quand on est en obésité morbide, contrairement aux régimes yoyos qui ne font qu’aggraver le problème. Pour autant, tous les obèses doivent-ils envisager la chirurgie ?
Certains ne souffrent pas de comorbidités (et, mis à part les grands obèses, l’évolution vers les ennuis de santé ne semble pas si inéluctable que prédit auparavant). D’autres souffrent dans leur corps des conséquences de leur poids (articulaires, respiratoires, cardiaques, etc.).
Aujourd’hui, la majorité de ces chirurgies concerne plutôt des femmes, encore jeunes, dont le surpoids n’est pas encore sévère mais qui ne se supportent plus. Souvent, tout a commencé à l’adolescence, avec le désir de plaire et pour cela l’obligation de répondre aux critères de mode, à la ligne-mannequin. Lire la Suite…
Certaines personnes en obésité soulagent leur agressivité par un comportement hyperphage compulsif. D’autres atténuent leur anxiété en grignotant. Le comportement alimentaire est en prise directe avec les émotions. Mais il est variable d’un individu à l’autre en fonction de sa personnalité et de son parcours. Les tentatives chirurgicales de correction de ce comportement ne peuvent raisonnablement permettre un résultat durable que si l’on s’attache aussi à modifier les tensions qui habitent le patient.

