La sexualité, genèse de l’obésité ?
Par Patrick Bergevin, membre du Think Tank ObésitéS, chirurgien digestif
Quand on y réfléchit, la sexualité est souvent pour beaucoup dans la genèse de l’obésité.
En France, où la pression de la société s’exerce surtout sur les femmes, dans le sens d’un idéal de minceur, on voit fréquemment des adolescentes se lancer dans des régimes draconiens, sous prétexte qu’elles se sentent, ou qu’on leur fait croire, qu’elles sont un peu « enrobées ».
La métamorphose sexuelle de cet âge est source d’instabilité et d’hypersensibilité au regard des autres. Et c’est le départ de toute une existence pourrie par les régimes yoyos successifs qui induisent un dérèglement des habitudes alimentaires et des sensations de satiété. Cela génère une prise de poids progressive au fil des années, aboutissant à une véritable obésité. Bref, tout le contraire du résultat escompté !
C’est le profil le plus courant des personnes qui viennent consulter pour chirurgie bariatrique. Quatre fois sur cinq, il s’agit de femmes.
Quand l’opération est un succès, permettant d’approcher l’idéal tant souhaité, l’effet sur l’épanouissement de la personnalité est souvent manifeste. L’accession aux critères de ligne dictés par la société redonne la confiance en soi qui avait déserté depuis si longtemps et permet de mieux assumer sa sexualité.
Mais pour que le résultat soit vraiment bon et durable, il faut aussi revenir sur l’idée que l’on se faisait de sa silhouette. Le regard de qui voulait-on satisfaire, quelle était la valeur réelle du but recherché.
Le changement doit aussi intervenir dans sa tête et pas seulement dans le corps si l’on veut trouver la paix, se réconcilier avec son image et ne pas risquer à long terme une reprise de poids.


