Le désarroi des femmes
Par Nathalie Négro, membre du Think Tank ObésitéS, diététicienne, responsable du Centre Nutritionnel des Thermes de Brides-les-Bains
Vaste sujet en effet.
En consultation, il m’arrive de me retrouver face au désarroi de femmes que leur mari ne touche plus depuis parfois des années, parce qu’elles ont grossi.
Au lieu de les motiver à maigrir, cela les décourage, les remplit de chagrin, les dévalorise. Non seulement elles ne plaisent plus physiquement à l’être qu’elles chérissent, mais en plus, elles ne se plaisent plus. Pour peu qu’elles utilisent la nourriture pour gérer leurs émotions, cela ne les aide évidemment pas à améliorer leur relation à l’alimentation.
Dans d’autres cas, leurs maris exercent sur elles une grande pression pour qu’elles maigrissent : il leur semble qu’elles n’en font jamais assez ; là encore, au lieu de les encourager, ce comportement ruine leurs efforts.
Lorsque ce sont les hommes qui me font part de leurs difficultés sexuelles, ils abordent plus fréquemment des aspects physiques et pratiques : manque d’endurance, gêne par la proéminence de leur ventre…
Dans un cas comme dans l’autre, je me retrouve, comme beaucoup de diététiciens j’imagine, totalement démunie face à cette détresse. Rien, ni dans notre formation initiale, ni dans les formations continues proposées, ne prépare à répondre à cela.



D’où l’importance de la prise en charge pluridisciplinaire…
Cela dit sur le moment j’imagine qu’il faut trouver un moyen de répondre autre chose que « Vous savez moi je ne suis pas psychologue. »
Oui, ce n’est pas si simple. En fait, le problème réside moins dans la réponse (qui est du fait des professionnels de la psychologie, je suis tout à fait d’accord avec vous) que dans l’attitude à avoir face à de telles confidences, qui arrivent naturellement lorsque la relation de confiance est établie. Une consultation diététique n’est pas une étude d’un carnet alimentaire, mais bien une prise de compte de la personne et de son mode de vie dans leur globalité.