Le sucre, mon ennemi pour la vie ?
Par Arnaud Cocaul, membre du Think Tank ObésitéS, médecin nutritionniste.
Le débat revient régulièrement dans les médias : faut-il taxer le sucre ? Ainsi, le ministère de la Santé britannique envisage une taxe de 20% sur les boissons gazeuses sucrées afin d’agir positivement sur la santé des consommateurs.
Dans l’argumentaire des pro-taxes, l’abaissement prévisible de l’espérance de vie de la prochaine génération, forte consommatrice de ce type de boissons caloriques, est mis en avant. Mais les chiffres de l’UK Office for National Statistics (l’équivalent britannique de l’INSEE) stipule que l’espérance de vie à la naissance augmente chaque jour de 4h pour les femmes et de 6 pour les hommes. 1/3 des bébés britanniques nés en 2013 dépasseront le siècle. Le sucre devient aussi pire que le tabac et semble même déclencher plus de passions.
Il faut certainement freiner l’apport de sucres ajoutés dans les produits transformés mais ne pas maudire le sucre. Est-ce en taxant que l’on ira vers des comportements plus vertueux ? Le Danemark, qui avait introduit une taxe sur les aliments gras, y a renoncé car il y avait des contournements faciles et une absence de résultats probants sur la santé publique.
Au lieu de taxer, il faudrait agir via des sollicitations positives. Par exemple, donner des bons de réduction aux caisses sur les fruits et les légumes. Chacun serait content et les familles les plus modestes (les plus touchées par les obésités) pourraient assimiler ce message comme réellement éducatif.


