Troubles alimentaires et obésité : révolution ?
Par Bernard Waysfeld, membre du Think Tank ObésitéS, médecin nutritionniste et psychiatre.
Comment et pourquoi l’anorexie dite mentale, comme les boulimies, restent des énigmes face auxquelles nous, cliniciens, sommes si souvent largement démunis ? En particulier, pourquoi ces troubles une fois installés, tendent à se pérenniser et si souvent à s’aggraver ? Une réponse sérieuse vient d’être fournie par une équipe française, l’équipe Inserm / Université de Rouen et notamment le Professeur Pierre Déchelotte et Sergueï Fetissov.
Après des années de travaux, ils viennent de montrer qu’une protéine produite par certaines bactéries intestinales pourrait être à l’origine de certains de ces troubles (publication de Translational psychiatry : on-line du 7 octobre 2014). Le mécanisme serait le suivant : les bactéries intestinales (également appelées microbiote) de certains sujets, produiraient une protéine qui entraînerait de la part de l’organisme une production d’anticorps contre cette protéine. Ces anticorps interagissent alors avec les hormones de la satiété en raison d’analogie de structure.
La protéine, baptisée ClpB, a été retrouvée à des taux plus élevés chez les patients présentant des troubles alimentaires, tout comme les taux d’anticorps dirigés contre cette protéine.
Ces données valident ainsi l’implication d’une protéine bactérienne dans la régulation de l’appétit. Elles ouvrent de nouvelles perspectives de diagnostic et de traitement spécifique des troubles alimentaires.
Bien sûr, les sceptiques souriront gentiment comme je le fis moi-même au début des années 80, quand on m’annonça qu’un grand nombre d’ulcères gastriques et duodénaux étaient dus à un microbe, l’hélicobacter pylori !
Voir la découverte en vidéo : http://youtu.be/f6UgdQXK7Jw
Les réactions au post de Bernard Waysfeld
- Nos tripes nous parlent !
Par Arnaud Cocaul, membre du Think Tank ObésitéS, médecin nutritionniste.


