La femme est plurielle comme le monde
Par Arnaud Cocaul, membre du Think Tank ObésitéS, médecin nutritionniste.
En réaction à l’article « nos bodies are perfect » de Catherine Grangeard
On a le sentiment constant que les publicitaires ont du mal à intégrer le monde tel qu’il est. Ils inventent une réalité virtuelle, ils remodèlent le monde, mais pas forcément en le réenchantant. Lors de chaque consultation, je rencontre des patients obèses en souffrance. Je n’ai pas forcément de réponses à apporter à leur problématique de poids. Je tente de faire le moins pire et sans chercher à faire le meilleur, ce qui conduit souvent à des catastrophes. En tout cas, j’essaie d’écouter, de respecter mon partenaire de consultation. Je fais en sorte qu’il se sente entendu, compris.
Tous ces efforts sont parfois réduits à néant par des campagnes de publicités désastreuses telles celle de Victoria Secret. Sa dernière création met en scène des femmes jeunes, belles, aux formes idéales (non abîmées par des grossesses), riches (voire très riches) et « photoshoppées » à fond. On les confine dans des rôles de porte-manteaux décérébrés. Simone de Beauvoir doit se retourner au cimetière de Montparnasse…
La femme est plurielle car pluriel est le monde et c’est sacrément mieux cette réalité tangible.


