Dossier : les dérives de la chirurgie de l’obésité
Janvier 2015
L’Edito
Par Patrick Bergevin, membre du Think Tank ObésitéS et coordinateur du dossier, chirurgien digestif.
Le surpoids et les régimes sont devenus une source de profits considérables dans notre société de consommation. Dès lors, on observe des dérives et une pression s’exerce sur les professionnels pour accéder aux dernières solutions miracles. Et, bien sûr, la chirurgie en fait aussi partie. Il paraît maintenant normal et justifié de recourir au bistouri dès lors qu’on est mal dans sa peau du fait de son surpoids. Or certains chirurgiens peuvent se lancer dans ce créneau sans retenue, poussés par leur égo ou l’appât du gain.
Il faut que les personnes obèses le sachent : ce n’est pas sur des critères de volume d’activité ou sur des rumeurs, le bouche-à-oreille, qu’il faut orienter son choix. Mieux vaut s’adresser aux équipes qui exposent clairement avantages et inconvénients, mettent en garde contre les risques, organisent des réunions d’information, s’attachent à une préparation correcte avant l’intervention, même si ça doit prendre du temps.
Sommaire
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- Chirurgie : à chaque fois un cas de conscience
Par Patrick Bergevin, membre du Think Tank ObésitéS, chirurgien digestif.
- Une chirurgie entre injonction sociale et exigence médicale
Par Solenn Carof, membre du Think Tank ObésitéS, sociologue et enseignante à Sciences Po Paris.
- Apprendre des échecs des régimes
Par Sylvie Benkemoun, membre du Think Tank ObésitéS, psychologue psychothérapeute spécialiste des questions d’obésité.
- Peser le pour et le contre
Par Jean-Michel Lecerf, membre du Think Tank ObésitéS, chef du service nutrition de l’Institut Pasteur de Lille, spécialiste en endocrinologie et maladies métaboliques.
- Portrait type du chirurgien de l’obésité
Par Catherine Grangeard, membre du Think Tank ObésitéS, psychanalyste spécialiste des questions d’obésité.
- Les étapes de la chirurgie bariatrique
Par Patrick Bergevin, membre du Think Tank ObésitéS, chirurgien digestif.
- Chirurgie bariatrique, une insuffisance d’information
Par Nathalie Négro, membre du Think Tank ObésitéS, diététicienne, responsable du Centre Nutritionnel des Thermes de Brides-les-Bains.
- Radioscopie de la chirurgie de l’obésité
Par Arnaud Cocaul, membre du Think Tank ObésitéS, médecin nutritionniste.
- Une chirurgie mutilante
Par Bernard Waysfeld, membre du Think Tank ObésitéS, médecin nutritionniste et psychiatre.
- Chirurgie de l’obésité et activités physiques
Par Gautier Zunquin, membre du Think Tank ObésitéS, maître de conférences en activités physiques à l’Université du Littoral Côte d’Opale, chargé d’études cliniques sur l’obésité.
Repères
Les chiffres
- L’obésité touche 6,9 millions de Français(e)s (15% de la population adulte)
- 45 000 interventions chirurgicales en 2013 en France dont 80% concernent des femmes
- 700 jeunes de moins de 20 ans ont été opérés en 2013
- 30 à 50% des patients échappent au suivi médical entre la 2e et la 8e année après l’opération
- 3 types d’opérations en France : l’anneau, la Sleeve, le By-pass
Les mauvaises pratiques
- opérer trop tôt et trop vite sans respecter les recommandations de la HAS
- faire grossir le patient pour qu’il atteigne le poids requis pour la chirurgie de l’obésité
- shunter les étapes préparatoires à l’opération
- promettre qu’après la chirurgie, les problèmes de poids s’évanouiront
- négliger le suivi post opération prétextant que le sujet est guéri
Les recommandations de la HAS
La chirurgie bariatrique est indiquée par décision collégiale, prise après discussion et concertation pluridisciplinaires (accord professionnel), chez des patients adultes réunissant l’ensemble des conditions suivantes :
- patients avec un IMC ≥ 40 kg/m2 ou bien avec un IMC ≥ 35 kg/m2 associé à au moins une comorbidité susceptible d’être améliorée après la chirurgie (notamment maladies cardio-vasculaires dont HTA, syndrome d’apnées hypopnées obstructives du sommeil et autres troubles respiratoires sévères, désordres métaboliques sévères, en particulier diabète de type 2, maladies ostéo-articulaires invalidantes, stéatohépatite non alcoolique) ;
- en deuxième intention après échec d’un traitement médical, nutritionnel, diététique et psychothérapeutique bien conduit pendant 6-12 mois ;
- en l’absence de perte de poids suffisante ou en l’absence de maintien de la perte de poids ;
- patients bien informés au préalable (accord professionnel), ayant bénéficié d’une évaluation et d’une prise en charge préopératoires pluridisciplinaires ;
- patients ayant compris et accepté la nécessité d’un suivi médical et chirurgical à long terme (accord professionnel) ;
- risque opératoire acceptable (accord professionnel).
En savoir plus : document de la HAS
Pour plus d’informations sur la chirurgie bariatrique, consultez le site du Docteur Patrick Bergevin


