Mourir la belle affaire mais vieillir !
Par Arnaud Cocaul, membre du Think Tank ObésitéS, médecin nutritionniste.
Les personnes âgées doivent prendre garde aux régimes. Tout régime est potentiellement dangereux passé l’âge de 70 ans. En effet, ils induisent une perte de masse musculaire supérieure à celle obtenue sur la masse grasse. Les régimes réduisent l’appétit et désocialisent.
En vieillissant, nos besoins métaboliques se maintiennent voir même augmentent légèrement en raison d’une baisse du rendement métabolique des nutriments.
Il faut accepter de vieillir et donc accepter de prendre du poids avec l’âge ce qui ne signifie pas de prendre du poids en faisant n’importe quoi comme si cela était inéluctable. Un comportement délétère à 40 ans (tabac, sédentarité, mal bouffe, manque de sommeil, alcool etc.) le sera tout autant à 70 ans. Mais acceptons que le fameux indice de masse corporelle qui tend à établir des normes dictatoriales ne peut pas être le même à 70 ans. Ainsi un IMC normal chez une personne âgée peut logiquement s’établir entre 24 et 29 kg/m² contre 18,5 à 25 kg/m² pour les adultes plus jeunes.
Chez les personnes âgées, on suivra l’état nutritionnel en les pesant. On prendra le tour de la circonférence abdominale, en surveillant l’appétit (par exemple par l’échelle SNAQ et par les marqueurs biologiques comme l’albumine). On s’interrogera sur les risques d’isolement sources potentielles de désintéressement de la nourriture. On évaluera la force musculaire et on surveillera le périmètre de déambulation. Le risque de sarcopénie (fonte musculaire) est réel y compris chez les obèses.
Il n’est jamais trop tard pour vieillir en santé.



On peut même ajouter que depuis l’étude de Flegal (2005, « Excess Deaths Associated With Underweight, Overweight, and Obesity ») le taux de surmortalité est négatif pour les IMC 25-30. Autrement dit on vieillit mieux et plus longtemps avec un surpoids.