Activité physique et changement d’heure
Par Gautier Zunquin, membre du Think Tank ObésitéS, maître de conférences en activités physiques à l’Université du Littoral Côte d’Opale, chargé d’études cliniques sur l’obésité.
Une étude* menée en 2014 compare le niveau d’activité physique de 23 000 enfants âgés de 5 à 16 ans de différents pays (Angleterre, Australie, États-Unis, Norvège, Danemark, Estonie, Suisse, Brésil, et île portugaise de Madère). Pour tester l’effet de la lumière du jour sur les niveaux d’activité physique, les enfants portaient des accéléromètres, appareils qui mesurent les mouvements du corps munis de capteurs de luminosité.
Les résultats montrent que les niveaux totaux quotidiens d’activité physique des enfants étaient de 15 à 20 % plus élevé les jours d’été (quand le soleil se couche après 21 heures) que les jours d’hiver (quand la nuit tombe avant 17 heures). En effet, les soirées plus claires permettraient d’augmenter de 2 minutes par jour le temps des activités physiques modérées ou vigoureuses des enfants.
Cela a ainsi une conséquence sur le temps d’activité physique global des enfants. Ces enfants pourraient alors atteindre plus rapidement les recommandations et donc limiter les risques d’apparition d’une surcharge pondérale.
Même si l’introduction de l’heure d’été n’est certainement pas un moyen de résoudre le problème des faibles niveaux d’activité physique rencontrés dans nos pays, nous pouvons néanmoins croire que c’est un pas vers la bonne direction.
* Anna Goodman et coll., Daylight saving time as a potential public health intervention: an observational study of evening daylight and objectively-measured physical activity among 23,000 children from 9 countries. International Journal of Behavioral Nutrition and Physical Activity 2014, 11:84.


