Maintenir son équilibre pondéral
Par Arnaud Cocaul, membre du Think Tank ObésitéS, médecin nutritionniste.
Combien de repas doit-on faire afin de maintenir au mieux son équilibre pondéral ? Sur les forums, les patients évoquent souvent la possibilité de fractionner leurs repas. Autrement dit, ils augmentent le nombre de prises alimentaires journalières sans modifier la quantité totale d’énergie ingérée. Cela n’aurait donc pas d’impact négatif sur le poids.
Certaines études comme SAFRAN (réalisée par le centre de recherche de l’institut Paul Bocuse à Lyon) ont évalué les effets du fractionnement alimentaire sur l’appétit. On a fait consommer un petit-déjeuner en une prise ou de façon fractionnée en 4 prises, étalées sur la matinée. L’analyse porte sur l’appétit subjectif des mangeurs tout au long de la matinée ainsi que le comportement au repas suivant.
Les études différencient bien les mangeurs de poids normal des sujets obèses. Ces derniers ne vont pas modifier leur comportement alimentaire et leur apport énergétique sur le repas suivant comme peuvent le faire les sujets de poids normal.
En cas de poids normal, la concentration de ghréline (hormone orexigène) diminue tandis que la concentration de GLP-1 augmente. Cela améliore la satiété. Ces 2 biomarqueurs de l’appétit signent un phénomène adaptatif. Ils permettent de moins manger au repas suivant en cas de multiplication des prises alimentaires au repas précédent et sans augmentation de l’apport énergétique.
Les patients obèses ont les mêmes réponses biologiques (augmentation du GLP-1, diminution de la ghréline) que les personnes non obèses. Elles ressentent aussi une moindre sensation de faim et une satiété plus précoce au repas suivant le petit déjeuner fractionné. Pourtant, le comportement en réponse à ces stimuli n’est pas cohérent. Le mangeur obèse fractionné réduit son apport total d’aliments en quantité mais cette diminution se fait aux dépens des aliments les moins denses en énergie. En revanche, la différence de consommation d’aliments à forte densité énergétique n’est pas significative. De ce fait, la différence d’apports énergétiques ne se trouve pas réduite de façon significative.
En conclusion, les sujets de poids normal semblent pouvoir multiplier les prises alimentaires en fractionnant leur repas sans altérer l’apport énergétique journalier. Cela n’a donc pas de conséquence pour leur poids ce qui n’est pas le cas des sujets obèses. On se doit de les dissuader de recourir à de telles pratiques alimentaires et de respecter au mieux les 3 repas par jour en une prise à chaque fois.


