Diabésité : une nouvelle révolution et un nouveau paradigme ?
Par Arnaud Cocaul, membre du Think Tank ObésitéS, médecin nutritionniste.
Le diabète de type 2 va-t-il devenir une maladie opérable, y compris chez des obèses avec un indice de masse corporelle inférieure à 35 ? Cette question taraude certains médecins.
On évoque, dans de très nombreuses études de cohorte dont la célèbre étude suédoise SOS, la rémission rapide obtenue chez 55 à 95% des patients. La chirurgie mal-absorptive, comme le by-pass, donne les meilleurs résultats avant même un amaigrissement notable.
La rémission du diabète survient d’autant mieux que celui-ci n’est pas installé depuis trop longtemps et que le sujet n’est pas trop âgé (même si la chirurgie de l’obésité reste réservée à des personnes pas trop âgées).
Les études semblent établir que le bénéfice obtenu sur la glycémie au long cours provient de plusieurs facteurs : la restriction alimentaire imposée, l’amaigrissement consécutif, la réduction de la lipotoxicité et de la glucotoxicité, les modifications hormonales et du microbiote intestinal et possiblement la perméabilité intestinale. L’International Diabetes Federation (IDF) plaide pour un élargissement des indications opératoires intégrant les obèses de stade 1 diabétiques (obésité entre 30 et 35 d’indice de masse corporelle).
Toutefois nous ne disposons d’aucune étude randomisée menée spécifiquement sur ce profil de patients. Certains parlent même d’opérer des diabétiques présentant un IMC dès 28 ! Le diabète de type 2 est une maladie dégénérative tout comme l’obésité. Va-t-on vers un changement de paradigme afin d’établir durablement de nouvelles normes ?
Vaut-il mieux opérer avant que le diabète ne dégénère ? La chirurgie n’est pas dénuée de risques ! La prise en charge individuelle avec une analyse cas par cas est nécessaire.


