Obésité : qui est responsable ?
Par Catherine Grangeard, membre du Think Tank ObésitéS, psychanalyste spécialiste des questions d’obésité.
La notion de responsabilité en obésité est épisodiquement évoquée.
Parfois ce sont les parents qui sont incriminés, parfois les personnes en elles-mêmes, ou les industriels, les couturiers, les… . La liste est longue, fluctuante.
Puisque l’obésité est plurifactorielle, aucun de ces éclairages ne peut être faux ou vrai, exclusivement. La combinaison de divers éléments influe selon les individus et leur histoire singulière. Déresponsabiliser une personne et la considérer comme une victime n’est pas un service à lui rendre.
Pas plus que la culpabiliser.
Quand arrivera-t-on à penser globalement ? A penser l’interaction ?
Le jour où les boucs émissaires seront devenus inutiles ? Lorsque la nécessité psychique de classifier, ordonner, catégoriser sera moins impérative et qu’enfin la complexité sera moins source de peur, de terreurs enfantines ?
Pour calmer les patients, les soignants pourraient-ils y réfléchir à deux fois et cesser de désigner unilatéralement coupables et solutions ? Ce serait rassurant que des messages complexes soient émis afin de penser une globalité sans qu’elle soit perçue comme à ce point effrayante que même les spécialistes la simplifient.



Bonjour,
« Ce serait rassurant que des messages complexes soient émis afin de penser une globalité sans qu’elle soit perçue comme à ce point effrayante que même les spécialistes la simplifient. »
Merci pour ces mots.
Et c’est bien pour ou à cause ou compte tenu de cela que les boucs émissaires auront longue vie.
Et c’est intellectuellement difficile de vivre la complexité. Encore plus douloureux dans la pratique du quotidien. Je vais finir par croire que c’est réservé à quelques-un(e)s, tellement c’est rare de croiser et bénéficier de cette sagesse.
Et puis notre culture judéo-chrétienne du bien et du mal n’est pas du tout aidante pour sortir de dichotomie.
Et tout cela mène à des professionnels qui culpabilisent l’obèse ou l’infantilisent. C’est pareil : son moi et toute sa complexité n’existe pas
Je ne sais pas trop si je me suis exprimée clairement. Soyez assurée j’ai fait du mieux que j’ai pu. Je souhaite votre compréhension.
Bonjour et un grand merci pour votre message. Effectivement, la dichotomie simplifie et égare les esprits. Nous assistons de plus en plus à un manque de réflexion généralisé et normatif. La période semble peut-être si complexe à beaucoup de personnes qu’elles croient rassurant de se référer à d’autres pour ne pas penser…Les boucs-émissaires rendent pourtant chèvres !