Exemple parental, nécessaire mais pas suffisant… à long terme
Par Nathalie Négro, membre du Think Tank ObésitéS, diététicienne responsable du Centre Nutritionnel des Thermes de Brides-les-Bains.
En réaction à l’article « l’exemple doit venir des parents » d’Arnaud Cocaul
A l’instar de Jean-Michel Lecerf et Arnaud Cocaul, faire faire du sport à un enfant de 2 ans ne me semble d’aucune utilité, voire même contre-productif. Veiller à ce que ses jeux soient actifs est moins culpabilisant. Concernant l’exemple parental, des études, citées par Gautier Zunquin dans un précédent article posté sur ce Think Tank, ont prouvé qu’en effet, il est primordial pour inciter les enfants à pratiquer une activité physique régulière.
Toutefois, je m’interroge sur sa pérennité, une fois l’enfant devenu adolescent. Car exemple parental ou non, sport pratiqué de façon antérieure ou non, l’adolescence est une période particulière. Bon nombre de jeunes garçons ou filles refusent en bloc tout ce qu’ils aimaient faire auparavant. Quel parent ne s’est pas fâché ou n’a pas baissé les bras après avoir invité à plusieurs reprises son ado à faire un tour de vélo, une rando, un match de foot ou de tennis… alors qu’un an auparavant, c’est l’enfant lui-même qui réclamait ces activités à cor et à cri.
A ma connaissance, aucune étude ne nous dit comment inciter un ado récalcitrant à reprendre goût à l’activité physique.
Outre l’entourage familial, il y a probablement un effort à faire du côté du sport au collège, qui encore à l’heure actuelle, décourage plus qu’il n’incite à la pratique. En cause : entre autres les systèmes de notation. Par exemple, pourquoi imposer qu’un ado de 5ème sache faire la roue et surtout pourquoi le sanctionner quand il n’y parvient pas, alors qu’il fait de son mieux ? Ne serait-il pas plus profitable de le juger sur son esprit d’équipe, sa persévérance dans l’effort, sa faculté à aider ceux qui sont en difficulté ? Ne sont-ce pas des vertus que l’activité physique doit aussi nous enseigner ?
La réflexion est ouverte…


