Réflexions sur l’étude publiée dans le Journal of Public Health du 18 avril
Par Nathalie Négro, membre du Think Tank ObésitéS, diététicienne responsable du Centre Nutritionnel des Thermes de Brides-les-Bains.
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Cette étude porte sur la classification des personnes obèses en 6 catégories, pour mieux personnaliser le traitement. Les résultats mettent ainsi en exergue la multifactorialité de l’obésité, ce qui est une bonne chose, si cela restait encore à démontrer.
Toutefois, il s’agit d’une photographie à un instant T. Par conséquent, on ne prend en considération que des signes cliniques, pourrait-on dire. Mais qu’en est-il de l’histoire de la personne ?
Prenons l’exemple du sous-groupe N°2 regroupant les hommes buveurs excessifs : soit, mais pourquoi ? Quelle est l’origine de ce comportement ? Est-ce dû à l’intensité de leur vie sociale, est-ce un mal-être engendrant une compensation par l’alcool…?
Cette réflexion est valable pour l’ensemble des catégories. Quid du parcours de vie de la personne obèse ?
A mon sens, on ne peut pas réduire l’obésité à ce que l’on constate au jour J. La personne doit être prise en charge dans sa globalité, avec son historique. Elle ne peut pas être réduite à un cas entrant dans une case.
Cette catégorisation peut peut-être aider à dispenser les traitements inhérents aux complications. Mais pas pour soigner l’obésité en tant que telle. L’objectif n’est pas de traiter une maladie ou des symptômes, mais bien d’aider une personne.




Le risque de rentrer dans des cases les patients persiste et perdure y compris dans le domaine médical. Chaque être est une entité et une spécificité qui ne se prête pas à rentrer dans un tiroir au risque de reproduire des dérives médicales. On l’a déjà constaté avec le régime Dukan par exemple qui prônait pour tout le monde de figurer dans un indice de masse corporelle (P/ T²) entre 18,5 et 25 ce qui ne signifiait rien au niveau de l’individu et était un contre-sens médical. Que l’on range les buveurs avec les obèses est également tendancieux et extrêmement dangereux à mon sens.
Arnaud Cocaul