Sport et obésité infantile
Par Gautier Zunquin, membre du Think Tank ObésitéS, maître de conférences en activités physiques à l’Université du Littoral Côte d’Opale, chargé d’études cliniques sur l’obésité.
En réaction à l’article « Activité physique et prise alimentaire » de Nathalie Négro
David Thivel est venu présenter ses travaux novateurs et d’une grande qualité scientifique lors des Ateliers du Poids et de la Nutrition de Brides-les-Bains en septembre 2013.
Il a mené plusieurs études sur l’impact d’exercices aigus sur le bilan énergétique des enfants et adolescents (obèses ou non). Les résultats montrent une difficile régulation du bilan énergétique.
Ainsi, l’exercice aigu chez les adolescents normo-pondérés permet de prévenir le gain de poids en ayant un impact sur la balance énergétique (par une augmentation de la dépense). L’exercice aigu chez l’adolescent obèse affectera quant à lui la balance énergétique à travers son effet indirect sur sa consommation future (futures entrées).
Les travaux initiés par Chaput et Sharma en 2011 avaient ouvert le débat chez les adultes en suggérant que l’activité physique effectuée dans le cadre de la régulation pondérale permettait davantage de réguler les entrées plutôt que les sorties.
D’autre part, l’étude a montré que la dépense énergétique liée à l’exercice et la consommation d’énergie subséquente à celui-ci ne sont pas couplés. Il est donc clairement établi que l’exercice aigu conduit à des adaptations nutritionnelles et énergétiques ultérieures chez les jeunes obèses. Ces effets bénéfiques de l’exercice restent à démontrer sur une base chronique, dans le cadre de programmes de perte de poids.
En conclusion, afin de mieux comprendre le rôle de l’exercice dans le contrôle du poids, il est essentiel de déterminer si les comportements d’exercice (chronicité de l’exercice) et d’alimentation (habitudes nutritionnelles) sont deux déterminants indépendants de l’équilibre de l’énergie ou si elles interagissent les uns avec les autres pour influencer le poids corporel.
Dans l’étude menée par Unick en 2010 chez les femmes en surpoids ou obèses, l’exercice n’a pas modifié profondément la faim ou la prise alimentaire. Or ces deux éléments peuvent avoir des répercussions favorables pour le contrôle du poids à long terme. Ceci suggère que l’exercice peut modifier certains paramètres uniquement psychologiques ou physiologiques (encore peu étudiés et élucidés) en atténuant la nécessité de rétablir l’équilibre énergétique aigu post-exercice.
Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour explorer d’autres mécanismes qui pourraient expliquer les relations décrites entre l’exercice et le comportement alimentaire (notamment sur la variabilité individuelle dans les réponses d’alimentation après une séance d’exercice). Enfin, il sera important pour des études ultérieures visant à évaluer la façon dont l’apport énergétique est influencé par l’exercice chronique (sur de plus longues périodes).
Pour prolonger : http://www.huffingtonpost.fr/david-thivel/sport-obesite-infantile_b_6061630.html


