Gras pigeons

Par Patrick Bergevin, membre du Think Tank ObésitéS, chirurgien digestif.

En réaction à l’article « Baclofène, médicament providence ? » de Sylvie Benkemoun

tvIl ne faut pas oublier que nous sommes la cible de l’industrie pharmaceutique. Dans notre société de consommation, nous sommes les pigeons (et aussi les moutons car l’individu aime agir comme ses semblables et perd facilement tout sens critique).

Souvent, la publicité ne répond pas à un besoin réel mais cherche toujours à générer le désir d’un produit superflu, souvent inutile et parfois dangereux. Les budgets consacrés dans ce but par l’industrie pharmaceutique sont considérables, n’hésitant pas à biaiser des études par des conflits d’intérêts pour prouver la supériorité de leur dernière molécule sur les précédentes et son innocuité.

L’obésité n’échappe pas bien entendu à ces mécanismes du marché, il s’agit même d’un terrain privilégié puisqu’en pleine expansion. Les régimes miracles sont particulièrement fructueux puisqu’ils génèrent eux même de l’obésité, auto-entretenant à eux seuls le phénomène. La chirurgie aussi rentre dans le système puisque perçue comme le miracle de la dernière chance.

Et on y a recours les yeux fermés sans se préoccuper de ce qui dans la personnalité, le vécu de l’obèse, a pu favoriser, provoquer cet état. Pas étonnant qu’il y ait des échecs et des laissés pour compte à distance…. Bref, comme nous tous, les obèses sont des pigeons.

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One response to “Gras pigeons”

  1. G. Losserand / étudiant en psychologie à Paris 7 says :

    Et à ceux qui ont tendance à reprocher aux « obèses » le surcoût en frais de santé, on peut répondre que le « marché de l’obésité/minceur » rapporte au final bien plus que ce que les « obèses » coûtent.

    « la boulimie n’est pas simplement une lecture des corps, elle est aussi une manière de lire l’économie néolibérale elle-même. » *

    Elle entend par là que les individus sont à la fois poussés à la surconsommation et au sur ascétisme. Dans les deux cas, une dépense est engagée. Moins manger, ça coute des sous…

    *Julie Guthman. PhD. Associate Professor of Community Studies à University of California Santa Cruz.
    Dans:
    Neoliberalism and the constitution of contemporary bodies.
    dans: The Fat Studies Reader. New Yorh University Press. 2009. p.192

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