Le poids de la télévision

Par Arnaud Cocaul, membre du Think Tank ObésitéS, médecin nutritionniste.

telecommandeL’institut Médiamétrie a établi que les français passent en moyenne 3h45 par jour devant la télévision en 2014. Voilà qui nous glorifie d’un record européen peu flatteur !

La plupart de mes patients répondent à la question concernant le temps accordé aux repas, à l’activité physique et au sommeil : « je n’ai pas le temps ». Il y a quelque temps sur France Inter, une psychologue déclarait que la phrase adulte la plus entendue chez les enfants en bas âge était « je n’ai pas le temps ». Comme si le temps nous appartenait.

Mais on passe du temps à regarder la TV, à répondre aux SMS, à jouer sur son smartphone ou sa tablette.

Une étude américaine* portant sur un échantillon de 591 étudiants américains a montré une relation positive entre une alimentation déséquilibrée et le temps passé devant la TV, spécifiquement devant les émissions d’information y compris celles concernant l’obésité et les messages nutritionnels.

Plus on regarde la TV, moins on suit les bases d’une alimentation équilibrée et plus on abandonne l’idée de pouvoir se conformer à un équilibre. Tout se passe comme si le temps consacré aux publicités et aux émissions d’information, contribuait à créer un brouillard intellectuel qui nous donnerait du mal à trouver nos marques. Ce malstrom d’informations perturbe notre rationalité et nous éloigne du statut de conso acteur pour devenir un être perméable à des infos nutritionnelles discordantes y compris aberrantes.

Bref cet opium du peuple qu’est la TV (et ses dérivés type tablettes) est à consommer avec la plus grande modération. On doit éduquer nos enfants à mettre des limites devant ces activités passives insomniantes et obésogènes.

Interroger nos patients sur le temps passé devant la TV et les ordinateurs est une nécessité dans la prise en charge des problématiques de poids.

* International Journal of Communication and Health n°3, 2014

Balises : , , , , , , , , ,

One response to “Le poids de la télévision”

  1. Grangeard Catherine says :

    Télé, publicité… les liens sont sans concession.
    VOIR :
    Publicité et choix alimentaires des enfants

    News Press (Communiqué de presse)
    Après avoir rappelé l’évolution des taux de surpoids et d’obésité en France, cette étude dresse un bilan des recherches établissant l’existence d’un …

    Source complète :
    INPES - Institut National de Prévention et d’Education pour la Santé -

    L’Inpes a commandité une étude sur l’impact du marketing sur les comportements alimentaires des enfants à Marine Friant-Perrot, maître de conférences et Amandine Garde, professeur de droit. Leur rapport établit un bilan des recherches relatives au lien existant entre le marketing et les préférences alimentaires des enfants, ainsi que des réglementations du marketing alimentaire en vigueur dans différents pays

    Après avoir organisé, en collaboration avec l’université de Liverpool, un séminaire sur « L’impact du marketing alimentaire sur les modes de consommation des enfants » en mars 2014, l’Inpes a commandité une étude à deux intervenantes du séminaire : Amandine Garde, professeur de droit à l’université de Liverpool et Marine Friant-Perrot, maître de conférences à l’université de Nantes, dont les travaux s’interrogent notamment sur cette question.
    Après avoir rappelé l’évolution des taux de surpoids et d’obésité en France, cette étude dresse un bilan des recherches établissant l’existence d’un lien direct entre le marketing pour des produits alimentaires « peu sains » et les comportements alimentaires des enfants. Elle analyse ensuite comment différents pays ont réglementé le marketing alimentaire en direction des enfants afin de prévenir le surpoids et l’obésité infantiles, en évaluant ces expériences au regard des recommandations de l’OMS sur la commercialisation des aliments et des boissons non alcoolisées destinée aux enfants.

    Les auteures s’interrogent enfin sur les différents arguments susceptibles de justifier les restrictions du marketing alimentaire. Par ailleurs, elles interrogent l’opportunité de restreindre le marketing pour les produits alimentaires peu sains sans tenir compte du rôle de l’étiquetage de ces produits et les formes simplifiées d’information nutritionnelle. Ces derniers pourraient en effet favoriser des choix alimentaires plus sains et contribuer aussi à la prévention et au contrôle de l’obésité en France.

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