L’équilibre de l’alimentation a vocation à protéger la santé
Par Nathalie Négro, membre du Think Tank ObésitéS, diététicienne responsable du Centre Nutritionnel des Thermes de Brides-les-Bains.
En réponse à l’article « les paradoxes de l’obésité » de Bernard Waysfeld
Les résultats de l’étude citée par Bernard Waysfeld sont effectivement intéressants.
L’une des explications de ces résultats ne serait-elle pas l’attention particulière accordée par les personnes obèses à la qualité de leur alimentation ? Il y a en effet souvent confusion entre équilibre alimentaire, destiné à préserver autant que possible la santé, et gestion du poids. Ainsi, certaines personnes maigres ou minces se croient à l’abri des maladies (cardiovasculaires notamment) parce qu’elles n’ont pas de problème pondéral. De fait, elles mangent de façon anarchique.
Cette idée est aussi largement répandue dans la population en surcharge pondérale.
Ainsi il m’arrive fréquemment d’entendre en consultation : « moi, je veux bien changer ma façon de manger et équilibrer mes repas, mais j’ai des adolescents et un mari (ou une femme) à la maison et eux, ils n’ont pas besoin de maigrir. Ils peuvent manger ce qu’ils veulent, je ne vais quand même pas les priver ».
Ce à quoi je réponds invariablement : « l’équilibre de l’alimentation n’a pas vocation à faire maigrir mais plutôt à protéger la santé. C’est donc valable pour toute la famille. Ce sont les variations de quantités qui feront que vous maigrirez alors que le reste de votre famille gardera un poids stable ».
Peut-être les messages de santé publique ne sont-ils pas assez clairs sur ce point pourtant primordial. L’idée n’est évidemment pas de diaboliser certains aliments ou de médicaliser l’alimentation, mais plutôt d’encourager l’éducation alimentaire, afin de privilégier la diversité.


