Pesticides et surpoids : action - réaction
Par Arnaud Cocaul, membre du Think Tank ObésitéS, médecin nutritionniste.
Un article paru dans la revue Obesity Research and Clinical Practice précise que la différence de poids constatée entre les individus des années 80 et de 2015 ne peut pas s’expliquer par une différence calorique ou de répartition des nutriments ou une moindre activité physique.
Notre corpulence s’accroît avec une prise de poids de l’ordre de 10 % par rapport aux années 80. Les rédacteurs de l’article incriminent une responsabilité des pesticides, additifs, conservateurs de plus en plus présents dans les aliments et en particulier dans les plats préparés dont la consommation a flambé de 41% depuis les années 80.
On invoque dans l’article un ralentissement du métabolisme de base et une modification des processus de digestion ce qui rendrait plus complexe la perte de poids.
Il faut rappeler que le tissu adipeux est un système tampon à même de stocker des polluants (les fameux POP - Polluants Organiques Persistants). Cela procurerait une protection accrue vis-à-vis d’organes plus sensibles comme le cerveau et les gonades. L’exposition directe de ces derniers aux polluants type pesticides, fungicides, herbicides etc. pourrait fragiliser l’individu et mettre à mal l’espèce humaine.
Donc l’obésité actuellement constatée dans notre société peut rendre compte d’un phénomène d’adaptation à un milieu ambiant délétère et qu’en prenant du poids, on se protège ! Ainsi, il n’est certainement pas bon de faire maigrir tout le monde, que les adeptes des régimes restrictifs cogitent cela !
Donc prendre du poids peut être un avantage adaptatif à un milieu ambiant dégradé. Une question demeure : que deviennent les polluants brutalement relargués dans la circulation générale lors des amaigrissements massifs ?


